lundi 30 octobre 2017

Féminihilisme

Le féminisme, en prétendant lutter contre la division des sexes, a attisé leur séparation.

Au nom de l'harmonie entre les sexes, le féminisme a progressivement instauré entre hommes et femmes un climat de défiance, qui culmine désormais dans une véritable haine.
Au nom de l'abolition de la différence des sexes, le féminisme a creusé un fossé entre les sexes.
Au nom de la parfaite égalité entre hommes et femmes, il a exacerbé leurs antagonismes.

Au nom de la paix, il a obtenu la guerre.

Mais c'est le propre des utopies égalitaristes, que d'aggraver ce qu'elles prétendent résorber ; c'est le propre des fantasmes infantiles d'indifférenciation, que d'engendrer la haine et le chaos.

En niant la complexité des rapports entre hommes et femmes, le féminisme en a détruit les subtils équilibres, et ouvert une voie royale à la vulgarité, à la fureur et à la bêtise. Il n'est pas sûr que la condition des femmes y ait gagné. Ni celle des hommes. Ni, en définitive, celle de l'humanité. 

samedi 21 octobre 2017

Réflexion

« Le journalisme est un métier où on passe la moitié de son temps à parler de ce qu'on ne connaît pas, et l'autre moitié à taire ce que l'on sait. »
Henri Béraud

Les médias n'ont qu'une seule fonction : faire diversion. Obnubiler l'opinion sur des non-sujets, pendant que les vrais dangers prospèrent à l'abri de toute critique. C'est le rôle qui leur a été assigné. Et qu'ils remplissent avec zèle. C'est faux ? C'est si vrai que Macron a été élu.
C'est si vrai que pour l'opinion, ce qui menace la France, au XXIème siècle, ce n'est pas l'islam, mais le nazisme.
C'est si vrai que l'opinion se scandalise que des actrices aussi riches en dollars que pauvres en talent aient dû coucher pour réussir et que le milieu du cinéma grouille de tyrans et de dépravés (ce qui est vraiment le scoop du siècle), mais pas qu'il y ait en France 230 viols par jour, et seulement 2% des violeurs condamnés... ni que 500 d'entre eux, après condamnation, n'aillent pas en prison (grâce aux lois Dati et Taubira). 
C'est si vrai que le hashtag auquel les médias donnent un écho vertigineux, c'est le très élégant #balancetonporc, et non #balancetonmagistrat, encore moins #balancetonpsychiatre. Il y aurait pourtant de sacrés dossiers à monter sur ces psychiatres et ces magistrats qui, inlassablement, font libérer des violeurs multirécidivistes pour qu'ils multirécidivent, encore et encore, et brisent la vie de milliers de femmes (lesquelles, certes, ont infiniment moins de valeur qu'Angelina Jolie ou Judith Gode-rêche, dans notre pays d'égalité et de fraternité). 


On pourrait multiplier les exemples à l'infini : à chaque fois que les médias s'emparent d'une thématique, c'est pour en occulter les dimensions essentielles, et délayer à l'infini ses aspects secondaires. Ils abordent tous les sujets sous un angle lyncheur ou voyeur, jamais sous un angle rationnel. Ce afin que tout, absolument tout, devienne parfaitement incompréhensible. Que le chaos mental vienne faire écran au chaos migratoire, sexuel, civilisationnel dans lequel s'enfonce l'Occident...
La falsification est leur métier. La dénaturation leur passion. A force de nous bombarder de  désinformations, ces valets du Mensonge nous ont rendus comme eux. Ils nous ont inoculé leur haine de la Vérité. Le seul problème étant que le Réel, lui, est indifférent à nos erreurs d'appréciation, et poursuit son chemin tambour battant... 

vendredi 18 août 2017

Prophétie



« Vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d’ennemi, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin. »
Julien Freund

« Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah. »
Coran, sourate 60, verset 4


Il y aura des enlèvements. Et des égorgements.

Il y aura des femmes, des enfants et des hommes qui disparaîtront. Certains à tout jamais. D’autres, dont on retrouvera plus tard le corps mutilé. Démembré, parfois. Souvent, décapité.

Régulièrement, des Françaises s’évaporeront. Elles finiront leur vie dans des harems. Des harems enclavés dans des « quartiers sensibles », localisés par les autorités, mais où celles-ci auront renoncé à intervenir. Pour ne pas risquer la vie de leurs forces d’intervention. Ni la moindre bavure. Pour ne pas jeter d’huile sur le feu.

Des centaines de femmes seront ainsi abandonnées à un sort atroce. Pour préserver la paix civile.

Quant au reste des Français, ils « vivront » comme des proies. Leur existence consistera à éviter des embuscades. Et, quand ils n'auront pas de chance, à se faire massacrer. Les attentats à la voiture piégée, les explosions dans les transports, les écrasements par camion-bélier, les coups de couteau surprise et les rafales de kalach’ en terrasse seront devenus leur univers routinier.

Le « pouvoir », lui, ne bougera pas. Il constatera. Il comptera les morts. Les rares fois où il sortira de son mutisme, ce sera pour exprimer sa vive émotion. Condamner fermement ces actes inadmissibles. Puis il retombera dans son apathie.

C’est qu’il aura depuis longtemps renoncé au monopole de la violence légitime. Tétanisé à l’idée d’aggraver la situation en s’interposant entre les bourreaux et leurs victimes, il regardera passivement ses citoyens se faire décimer.

Ses derniers lambeaux d’autorité ne lui serviront plus qu’à contrôler l’information. A verrouiller le débat public. A dissimuler autant que possible la réalité sur les viols, les assassinats, les attentats qui ravageront la France. Et intimider ceux qui voudront en parler. Et terroriser ceux qui entendront se défendre. Contre ceux-là — et uniquement contre ceux-là —, le pouvoir saura faire preuve de fermeté. Faible avec les forts, fort avec les faibles, il traquera sans relâche les derniers résistants. Il les poursuivra, les condamnera, leur liera les mains ; et brisera ainsi tout espoir de renaissance.

Le peuple français s’acheminera ainsi, dans l’hébétude et la désolation, vers son destin de soumission. Puis de disparition.

Ainsi s’achèveront 1 500 ans d’Histoire de France. Fondées sur un socle catholique. Ainsi commencera une nouvelle Histoire de France. Fondée sur un socle islamique. Une civilisation en remplacera une autre. Exit nos rois, nos saints, nos héros, nos artistes, notre Dieu ; exit le Moyen-Age, le gothique, la Renaissance et le baroque ; exit notre peinture, notre architecture, notre musique, notre pensée, notre humanisme. Notre nouveau modèle de civilisation s’appelle Qatar. Notre destin s’appelle Arabie saoudite.


Cette évocation de l’avenir de la France, certains la trouveront ridicule. Grotesque. Et, crime suprême, pessimiste.
C’est qu’on n’a pas idée, enfin, d’insulter l’avenir ! Que dis-je, l’Avenir ! Le Dieu Avenir ! Qui nous rendra toujours heureux ! Par le seul fait du temps qui passe !
Eh oui : figurez-vous que dans « l’esprit » de la plupart des néo-Occidentaux, le bonheur de l’humanité est proportionnel au temps qui passe. Plus le temps passe, plus l’humanité est heureuse. Fastoche, non, la condition humaine ?
Voilà pourquoi il est très mal vu, dans l’Occident 2.0, de penser que « C’était mieux avant ». Voilà pourquoi, en revanche, il est énormément conseillé de hurler en frétillant que « Ce sera mieux après ! ». Voilà pourquoi l’Avenir est toujours radieux ; voilà pourquoi il faut toujours voir la vie en rose ; et croire très fort en l’Avenir.
C’est là, en gros et en détail, la vision très complexe de la condition humaine qui régit la plupart des bipèdes occidentaux. Ces dévots de l’Avenir qualifient leurs ancêtres de « superstitieux » ; mais eux croient en l’action bienfaisante et miraculeuse du dieu Temps. Ces idolâtres du Moderne raillent le supposé « obscurantisme » et la prétendue « intolérance » de leur aînés : mais eux ne tolèrent aucune offense à leur Sainte Trinité Progrès-Modernité-Avenir.
Esprits dogmatiques par excellence, ils ne peuvent même pas concevoir qu’on doute du Progrès, de la Modernité ou de l’Avenir. Et traitent en véritables blasphémateurs ceux qui s’y aventurent.
Comprenons-les : dans leur esprit inondé de Lumières et de Raison, si les choses tournent mal, c’est uniquement parce que le dieu Avenir se venge des infidèles qui refusent de le célébrer. Si les événements ne nous apportent pas la félicité promise, c’est à cause de ces incrédules, de ces hommes de peu de foi qui refusent de consacrer au culte du Temps qui passe. Si l’Avenir n’est pas toujours radieux, c’est à cause de ces mécréants qui refusent de communier dans l’hommage au dieu Avenir.
Jacques Bainville, il y a un petit siècle, avait le malheur d’observer les premiers symptômes de cette pensée magique, qu’il résumait ainsi : « Les démocraties ont coutume de reprocher à ceux qui ont prévu les événements de les avoir causés. »
Depuis, les choses ne se sont pas améliorées ; le pessimiste est devenu le blasphémateur par excellence. Une créature littéralement démoniaque. Plus que jamais il importe, pour ne pas être excommunié de l’Eglise progressiste, de professer sa foi en l’action bénéfique du Temps qui passe. Plus que jamais il importe de réciter le credo très subtil des dévots de l’Avenir : « Ça va mieux qu’hier, et moins bien que demain ». Plus que jamais il importe de multiplier les incantations au dieu Avenir.
Un dieu sans contour, bien sûr — comme tout dieu qui se respecte. Un dieu flou, vaporeux, nébuleux. Un dieu invisible. Tellement invisible que ses fidèles ne peuvent rien en dire de plus précis que : « Il nous comblera de bienfaits. »

C’est un plaisir de fin gourmet d’observer ces disciples autoproclamés de la Raison se répandre en incantations superstitieuses. C’est un spectacle savoureux que celui de ces esprits prétendument cartésiens, mais en réalité incapables d’émettre et même tout simplement d’entendre un raisonnement articulé. C’est une rare volupté de contempler ces progressistes ébouriffés qui n’ont que «  l’Avenir » à la bouche, mais sont en vérité infoutus de se projeter plus loin que le prochain journal de 20h.
Englués dans l’instant, ces adeptes épatés du mouvement sont, en vérité, incapables de sentir le moindre mouvement. Ni de percevoir la moindre dynamique. Dénués d’instinct, et ignorant l’Histoire, ces déracinés incurables ne disposent pas des repères, des connaissances, de la structure intellectuelle qui leur permettraient d’inscrire les événements contemporains dans une perspective de long-terme. De discerner leur filiation passée, et d’envisager leurs prolongements futurs. Leur vision du monde se réduit en effet au commentaire médiatique des événements. Autant dire qu’elle n’est pas très riche… ni très subtile… Qu’elle ne se signale pas par une prise de recul excessive… Ni par un abondant croisement des sources…
Pour ces grands modestes qui s’imaginent, on ne sait trop pourquoi, plus intelligents que leurs ancêtres, les évènements qui se produisent devant leurs yeux n’ont ni passé, ni futur. Ni racines, ni branches. Ni causalité, ni finalité. Orphelins et sans descendance, les événements se succèdent comme ça, aléatoirement.

Ainsi, dans leur cerveau saturé de culture et de raison, les femmes voilées, c’est comme les Pokémon : aujourd’hui il y en a, demain il n’y en aura plus. Une fois l’effet de mode essoufflé, elles s’en iront comme ça, comme un pet. C’est que dans leur psychisme infantile — donc allergique au principe de réalité —, les femmes voilées n’ont pas plus d’épaisseur, pas plus de consistance, pas plus de densité historique que des Pokémon. Par conséquent leur apparition, puis leur multiplication en France et en Europe ne révèlent rien : elles n’ont pas lieu d’être interprétées.
La même pensée magique régit leur « analyse » des actes terroristes : à leurs yeux, ils ne recèlent pas davantage de signification que les épisodes d’une série-télé. Les événements horribles qui se multiplient en Europe sont aussi superficiels, aussi irréels qu’un contenu Netflix. Après ces épisodes éprouvants, viendront à n’en pas douter des épisodes plus tranquilles. Le scénariste a tout prévu.

Les Occidentaux, ces bébés dans des corps d’adultes, ont perdu tout contact avec le réel, et a fortiori avec le sens de l’Histoire. Donc du tragique. Tout leur est futile. Insignifiant. Dérisoire.

La dérision est d’ailleurs leur seul mode de relation au monde. Ce n’est pas étonnant : la dérision, c’est tout ce qui reste quand on a renoncé à la réflexion. Ainsi, quand on leur soumet un raisonnement structuré qui contredit les stéréotypes médiatiques, nos grands esprits rationnels et cultivés ne trouvent à objecter que des ricanements. Des ricanements, c’est-à-dire le tombeau des arguments. Des ricanements, c’est-à-dire l’abdication du raisonnement.
L’apparition des ricanements signale qu’on est sorti du terrain des idées, pour entrer dans celui de l’attaque personnelle. C’est l’impuissance à affronter la contradiction qui se venge. Le vide de la pensée qui essaie de sauver la face.
Les ricanements sont un cache-misère. Un cache-misère intellectuelle. Ils sont le masque de l’impuissance et de la haine jalouse.
Que les ricaneurs ricanent, donc. Qui sait peut-être, un jour, au lieu de ricanements, sortira-t-il de leur bouche des arguments. Peut-être, un jour, au lieu de sarcasmes, sortira-t-il de leur bouche des raisonnements. En attendant, ils n’apportent rien au débat : ils ne méritent pas une seule seconde d’attention.

Ceux qui veulent raisonner, eux, pourront éclairer les anticipations suggérées plus haut à la lumière d’événements de notre histoire récente... 
C’était il y a cinquante ans. Cinquante-cinq ans, pour être précis. Le président de la République, alors, ne s’appelait pas Jupiter ; il s’appelait seulement de Gaulle. Et il avait décidé d’en finir avec l’aventure française en Algérie, commencée en 1830 avec Charles X. De Gaulle avait en effet compris que l’entente à grande échelle entre musulmans et chrétiens était une utopie ; que s’il était évidemment possible que des individus musulmans s’entendissent avec des individus chrétiens, la cohabitation harmonieuse entre un peuple musulman et un peuple chrétien était impossible. « Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. » Fort de ce constat, solidement corroboré par l’Histoire (l’islam a beaucoup conquis et soumis ; mais il ne s’est jamais assimilé), de Gaulle décida de mettre un terme à la présence française en Algérie. Et il le fit de la manière la plus terrible qui soit. En effet les accords d’Evian, signés le 18 mars 1962 pour prétendument mettre fin à la guerre d’Algérie, ne tardèrent pas à apparaître pour ce qu’ils étaient : un acte de capitulation totale face aux islamistes.
C’est que de Gaulle tenait à solder l’affaire algérienne au plus vite. Aussi, pour écarter tout risque de reprise des hostilités, il adopta une position aussi simpliste qu’inhumaine : ne pas réagir aux agressions islamistes. Jamais. Et il s’y tint avec une détermination inflexible. Une dureté de cœur qui, même corrigée des circonstances atténuantes de la raison d’Etat, ne peut que révolter tout homme doué de sensibilité ; une dureté de cœur qui a suscité l’épisode le plus répugnant de l’histoire de France : il s’agissait, en en effet, de rien moins qu’un Etat abandonnant son peuple.
Des dizaines de milliers de Français furent ainsi livrés à la barbarie des djihadistes. Comme Roland Planté, garde champêtre à El Rahel : « le 20 juin 1962, à 6 heures du matin, quatre hommes du FLN se présentent à son domicile, le ligotent et le jettent dans une voiture. Il est amené au douar Amadoueh, où il reste une journée entière, un sac sur la tête et les mains ligotées par du fil de fer. Le lendemain, il est cravaché par la population musulmane qui l’amène dans une autre mechta où il est alors plus violemment frappé. Le surlendemain, il est frappé sans discontinuer par deux hommes et deux femmes dont une le brûle avec une cigarette. Il s’évanouit. » Libéré le 27 juillet (plus d’un mois après son enlèvement), « hagard » et « sérieusement ébranlé sur le plan de l’équilibre nerveux », le médecin qui l’examine observe de « nombreux traumatismes sur son corps (tronc, bras et tête) avec fractures multiples des côtes et du sternum. »
D’autres Européens sont « torturés soit par électricité, soit par noyade, soit par introduction de corps étrangers dans l’anus. » Des rapports médicaux décrivent des « fractures de la boîte crânienne, des lésions anorectales consécutives à un empalement, des fractures de la colonne vertébrale et autres sévices graves ». Le patient « M. Ziano est une vraie loque humaine, le corps couvert d’ecchymoses avec, aux poignets et aux chevilles, les traces profondes qui l’attachent à son lit. Il a été interrogé tous les soirs du 2 au 28 octobre […] L’examen rectoscopique a révélé des lésions importantes de l’anus et du rectum par corps étrangers plus ou moins électrifiés introduits par sadisme. J’ai eu à radiographier aussi : Falcone — fracture du crâne plus lésions rectales ; Sintès — fracture de la première vertèbre lombaire ; Tur — fracture des trois vertèbres DXII. Ces fractures s’expliquent par les coups donnés dans la position dite de l’estrapade [supplice consistant à pousser dans le vide, sans qu’elle touche le sol, une personne ayant les mains attachées derrière le dos et reliées à une corde] ».

Le gouvernement français couvre ces pratiques : Louis Joxe, dans un télégramme « très secret », écrit : « Je serais pour ma part hostile à une intervention quelconque de la Croix Rouge internationale dans tout ce qui concerne les arrestations et détentions d’Européens. »
D’innombrables malheureux sont ainsi torturés avec la complicité de l’Etat français, notamment dans des « locaux de torture dans une villa située chemin Laperlier, à El Biar, ainsi qu’au cinquième étage de la préfecture d’Alger », cinquième étage d’où M. Bordier, un Français, s’est « suicidé en se jetant par la fenêtre, pour échapper à son supplice. » Ce qui laisse imaginer le sadisme de ses bourreaux…
Un sadisme en effet sans limite : les islamistes n’hésitent pas à enlever des Français pour leur faire jouer le rôle de donneurs de sang. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le 21 avril 1962, des gendarmes d’Oran découvrent « quatre Européens entièrement dévêtus, la peau collée aux os et complètement vidés de leur sang. Ces personnes n’ont pas été égorgées, mais vidées de leur sang de manière chirurgicale. » Une note confidentielle du 25 mai 1962 révèle que « d’après un renseignement d’origine civil, l’adjudant Gagnaire et le sergent Torres, portés déserteurs à compter du 20 mai 1962, se trouveraient dans un hôpital FLN. Une quarantaine d’Européens seraient séquestrés au même endroit, jouant le rôle de donneurs de sang. »

Les Françaises, elles, connaissent un sort plus classique : elles sont violées. En toute impunité. Dès le lendemain des soi-disant « accords de paix », les « dépôts de plainte quotidiens sur tout le territoire d’Algérie » se multiplient. Et ils sont presque systématiquement classés sans suite. « Au soir du 13 septembre 1962, dans Alger centre, trois Européennes sont violées, portent plainte, désignent leurs violeurs qui ne sont pas inquiétés. » Le 8 novembre 1962, Amar Oucheur, accusé de viol et de tentative d’assassinat sur une Française à la fin octobre, est « remis en liberté sans suivi judiciaire. » Toute ressemblance avec la France de 2017 n’est pas fortuite…
Bientôt, ces viols prennent une dimension industrielle : les femmes sont enlevées, puis « livrées à la prostitution » ou « réduites en esclavage dans le Sud ». Elles sont envoyées dans les BMC (bordels militaires de campagne) algériens, également appelés « bordels du FLN ». Dans une communication classée « secret », un attaché militaire auprès de l’ambassade de France écrit : « D’après des renseignements récents, mademoiselle Claude PEREZ institutrice à Inkermann, enlevée le 23 avril 1962 par un élément du FLN, serait en ce moment dans un "Centre de repos" du FLN, situé au bord de la mer près de Tenes. Elle est détenue là avec deux autres captives enlevées à Dilian et à Orléansville. » Il évoque également le cas de « Mme Valadier, enlevée à Alger le 14 juin 1962 par le FLN, et retenue dans une maison close près de la basse casbah. »

Se conformant à la doctrine de de Gaulle, les autorités françaises ferment les yeux sur ces enlèvements suivis de tortures ou de viols. Elles savent précisément où se trouvent les lieux de séquestration, mais n’interviennent presque jamais : « Nous sommes impuissants, nous n’y pouvons rien, nous avons reçu l’ordre de les laisser faire. ». Et même quand des enlèvements se produisent devant leurs yeux, les militaires et gendarmes restent passifs. Ou assurent le strict minimum. Ainsi le 13 mai 1962 à Alger, « 5 fidaynes armés s’emparent de l’employé du cinéma le Rex qui se débat ». Une patrouille intervient : l’employé est relâché, mais « les cinq musulmans ont pu repartir sans ennuis » ! Le lendemain, l’employé du Rex est enlevé dans les mêmes conditions. Et cette fois, il disparaît bel et bien.
La même semaine, « à la hauteur du Monoprix de Belcourt, Félix Croce est enlevé par un groupe de musulmans sous les yeux d’une patrouille militaire des forces de l’ordre. Des civils européens, témoins de l’enlèvement, prennent à partie la patrouille en raison de son attitude passive. Le chef de patrouille répond "qu’en exécution des instructions reçues, il lui était impossible de s’opposer à de tels faits" ». Félix Croce sera fusillé le lendemain.

Bientôt, les enlèvements « ne seront plus effectués sur des individus, mais sur des familles entières ». Ainsi des « jeunes Jean-Paul Morio (15 ans), Jean Almeras (14 ans) et Gilbert Bousquet (15 ans), enlevés alors qu’ils faisaient du vélo » et dont « les cadavres seront retrouvés quelques jours plus tard dans un puits. »
Dans les semaines qui suivent le « cessez-le-feu », des dizaines de charniers seront découverts, contenant des corps de Français qu’« il ne fut plus possible de reconnaître tant les personnes étaient affreusement mutilées » ; certains avaient « été tués à l’arme blanche, les autres par balles et port[ai]ent des traces de coups dus à un acharnement sur leur corps ». Des Français suppliciés par des islamistes, avec le consentement de l’Etat français.


De Gaulle considérait la Première et la Seconde Guerres Mondiales comme une seule et même guerre, entrecoupée par une accalmie de vingt ans. De même, la guerre civile qui vient ne sera que la suite de la guerre d’Algérie, après une trêve de soixante ans. Trêve toute relative, d’ailleurs… de plus en plus bancale…
Soixante ans, soit deux générations : le temps pour les belligérants de franchir la Méditerranée ; de se reproduire ; de constituer leurs troupes. Lesquelles peuvent désormais compter sur le renfort inespéré de ce flux de « réfugiés » qui, à l’approche des côtes européennes, rugissent « Allah Akbar ». Probablement en signe d’amitié… et de volonté d’assimilation…
C’est dans ces « Allah Akbar », d’ailleurs, plus fondamentalement que dans la guerre d’Algérie, qu’il convient de chercher la généalogie des carnages qui vont bientôt ensanglanter le Vieux Continent — et dont les attentats des 24 derniers mois ne sont qu’un avant-goût. C’est dans l’allégeance à Allah que résident les causes de la guerre totale qui nous sera bientôt menée, et changera irrémédiablement la face de l’Europe. L’Europe, terre de mécréance ; l’Europe, terre à purifier : l’Europe, terre à islamiser.
La théologie islamique, en effet, développe une (di)vision du monde assez manichéenne (quoi qu’en disent les islamologues médiatiques, les escrocs appointés et autres bafouilleurs assermentés) : il y a d’un côté le Dar al-Islam, c’est-à-dire les territoires régis par l’islam ; et de l’autre le Dar al-Harb, c’est-à-dire « le territoire de la guerre ». Alternative stricte, sans compromis ni entre-deux : soit un territoire est islamisé, soit il faut y porter la guerre. C’est l’impératif du djihad. Auquel tout bon musulman doit se soumettre. Les experts en réécriture de l’Histoire pourront toujours débiter leurs mystifications : ils ne changeront rien au fait que même un philosophe « ouvert et tolérant » comme Averroès prônait une guerre sans pitié contre les mécréants. Les manipulateurs compulsifs pourront toujours multiplier leurs baratins pâteux : ils ne changeront rien au fait qu’Averroès ne faisait ainsi que suivre l’exemple de Mahomet, « l’homme parfait » que tout bon musulman doit imiter. Mahomet, chef de guerre impitoyable… Mahomet, l’antithèse de Jésus… C’est-à-dire l’anti-Christ

C’est donc le djihad qui va reprendre. Ce djihad dont la France vit depuis quarante ans un épisode de basse intensité ; ce djihad qu’ont déjà connu l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Autriche il y a quelques siècles ; ce djihad, qui est le dénominateur commun de toutes les guerres entre Europe et Orient depuis 1 400 ans.
La guerre d’Algérie elle-même ne fut qu’une déclinaison du djihad : il fallait expurger le sol islamique de la souillure des mécréants. C’est pour cela que les membres du FLN se qualifiaient de moudjahid. C’est pour cela que dès 1840, les Marocains s’associèrent au grand chef algérien Abd el-Kader pour combattre l’armée française. L’internationale musulmane — l’Oumma — sait faire l’union sacrée quand l’enjeu l’exige. Tout au moins l’Oumma sunnite. Une nouvelle internationale sunnite se reforme aujourd’hui, sous le haut patronage de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie ; internationale sunnite qui endoctrine les jeunes dans nos « zones de non-droit » (lesquelles sont en réalité des zones de droit islamique), attise leur esprit de sédition, et les prépare à la guerre…
« Toute guerre civile introduit l’étranger dans les affaires du pays. Quand une guerre civile a en outre un principe religieux, elle prend un caractère international » avait déjà analysé Jacques Bainville, à propos des guerres de religion qui ensanglantèrent la France et l’Europe aux XVIème et XVIIème siècles. Une période si lointaine, et si proche… si différente, et si ressemblante…
Comme alors, des contre-sociétés régies par un principe religieux et soutenues par l’étranger constellent la carte de la France, mais aussi de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suède, du Royaume-Uni, des Balkans. Comme alors, un tentaculaire Etat dans l’Etat a pris naissance et prospéré, conforté dans ses velléités de sécession par les concessions incessantes des autorités. Comme alors, les conséquences du soulèvement de ces territoires perdus seront terribles. Le djihad de faible intensité que nous vivons depuis quarante ans — et qui a déjà fait disparaître les kouffars des « quartiers sensibles » — prendra des formes d’une brutalité qu’il nous est impossible d’imaginer, nous Occidentaux hébétés, crétinisés, ignorants de l’Histoire et de sa violence…
Pourtant, les présages funestes se multiplient ; mais nous refusons de les voir. Chaque mois nous montons d’un degré dans l’horreur ; mais nous fermons les yeux devant cette escalade. Nous ne voulons pas comprendre qu’elle préfigure les atrocités qui se multiplieront à une cadence infernale, quand le djihad repartira pour de bon. Le Bataclan, Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray, Magnanville, Londres, Manchester, Saint-Pétersbourg, Stockholm, Hambourg, Berlin, Bruxelles, Barcelone : ces massacres, concentrés sur moins de deux ans, nous voulons les oublier au plus vite. Ne surtout pas les déchiffrer. Pas davantage ne voulons-nous interpréter cette épidémie de chats torturés, de lapins égorgés dans les forêts, d’animaux de basse-cour du jardin éco-pédagogique de Roubaix retrouvés décapités… Nous ne voulons pas comprendre qu’il s’agit là d’entraînements… de perfectionnements du geste… avant de passer aux infidèles… Le déni nous va bien. Nous sommes bien aise de ne pas voir ce qui se passe, de ne pas entendre ce qui se dit dans les milliers de Molenbeek de France et d’Europe. Nous cultivons volontiers l’ignorance de la haine, de la force, de la détermination de nos ennemis…

On voit mal, dans ces conditions, ce qui pourrait empêcher l’extension à toute l’Europe du Dar al-islam. On voit mal, compte-tenu de l’aveuglement, de la lâcheté, de l’esprit de soumission frénétique que manifestent les peuples européens, qui se lèvera pour résister quand les poudrières islamistes exploseront. Qui, dans cette molle civilisation de morts-vivants, trouvera le souffle et la force pour s’opposer à la surabondance de vitalité des masses musulmanes. On voit mal, surtout, quand les Européens retrouveront la dignité de se défendre. Quel événement pourra créer l’électrochoc qui les sortira de leur torpeur.
Les développements récents laissent hélas peu d’espoir : en répondant à des kalachnikovs, des camions écraseurs et des poignards égorgeurs par des bougies et des nounours, les Européens ont clairement indiqué qu’ils ne feraient rien pour défendre leur civilisation. Qu’ils étaient prêts à subir. Que la voie était libre.
Cette (absence de) réaction est un appel très net à se faire écraser. Appel sans précédent dans l’histoire de l’humanité ; appel d’une civilisation sans âme, donc sans but ; appel d’une civilisation parvenue au bout de sa logique relativiste : sa propre disparition lui est égale. Avec une telle dissymétrie des « forces » en présence, l’issue du néo-djihad européen (qui ne sera, répétons-le, que le nouvel épisode d’un conflit vieux de 1 400 ans) fait peu de doutes.

Oh, je sais bien que les plus élégants représentants de notre haute civilisation m’objecteront que nous sommes majoritaires en Europe à vouloir profiter de la vie, boire des coups en terrasse, nous faire 3 kifs par jour, booster notre optimisme, cultiver les petits bonheurs de l’existence, retrouver notre âme d’enfant, marcher pieds nus dans le sable en chantant à tue-tête, nous reconnecter à la nature, trouver notre place dans le cosmos, être dans la gratitude et la bienveillance (sauf, bien sûr, envers ceux qui ne pensent pas comme nous), aimer notre maintenant, décider d’être zen, faire preuve de tolérance, trier nos déchets pour en faire du compost, devenir des porte-parole de la parité et de la biodiversité, et passer du statut de consommateur à celui  bien plus exaltant  de consom’acteur. Et que pour toutes ces excellentes raisons, nous ne disparaîtrons pas.
Ces esprits raffinés, témoins flamboyants de la grandeur de l’Occident contemporain, ignorent sans doute tout des dynamiques démographiques à l’œuvre sur le Vieux Continent, et singulièrement en France : immigration et natalité musulmanes massives. Et, quand ils en prennent connaissance, décrètent on ne sait trop pourquoi que les musulmans d’Europe sont et seront toujours « modérés ». Et, quand on leur demande de justifier cette affirmation, répondent simplement qu’ils font le pari de l’optimisme.
L’optimisme contre l’islamisme : nous voilà rassurés.
Voilà en tout cas leur démonstration. Voilà leur clairvoyance. Voilà leur niveau d’exigence intellectuelle.
On hésite à leur faire remarquer, à ces fiers champions de la laïcité, qu’ils avouent ainsi que la perspective d’une France qui, par le jeu de la démographie et de la démocratie, deviendrait un pays musulman, ne les dérange pas.
On ne sait pas non plus si on a une chance de leur faire entendre, à ces puits de culture que sont immanquablement les chantres de l’Optimisme (vous avez remarqué ?), que l’Histoire est faite par les minorités. Que ce ne sont pas les masses modérées qui font basculer l’Histoire, mais les minorités déterminées.
Que même armée de nounours, de bougies et de crayons vengeurs, une majorité ne peut pas grand chose face à une minorité armée de poignards et de kalachnikovs. Que le 13 novembre 2015, 7 djihadistes ont fait 130 morts et 413 blessés. Que le 14 juillet 2016, un djihadiste seul a fait 86 morts et 458 blessés. Que Lénine, à la tête d’un parti bolchevique ultra-minoritaire, a renversé un régime vieux de cinq-cents ans, imposé sa tyrannie à une population de 120 millions d’habitants, tyrannie qui a duré 70 ans, s’est étendue à tous les continents, — et se perpétue encore en Corée du Nord —, et a fait plus de 100 millions de morts. Lénine, en fin connaisseur de l’Histoire — notamment de la Révolution française — l’avait bien compris : « L’expérience m’a appris qu’un petit nombre de gens décidés peuvent faire basculer une situation. »

L’effet d’entraînement des minorités est un moteur essentiel de l’Histoire. Car « les plus enragés finissent toujours par entraîner les autres », ainsi que l’illustre Jean Héritier dans son lumineux ouvrage sur Catherine de Médicis. Il faut donc compter avec cet effet d’entraînement des fanatiques, si l’on veut correctement anticiper ce qui va se passer.
Cet effet d’entraînement, fulgurant et spectaculaire, qui sera le catalyseur de l’effet démographique, lent et souterrain, d’une immigration massive qui, en quarante ans, a déjà substantiellement modifié le visage de la France. Une immigration massive, donc non assimilée, qui a imprimé sa marque aux mœurs, à la vie des idées, à la liberté d’expression et de circulation du peuple français… et, plus encore, à son unité…
Les djihadistes — et non, selon l’arnaque sémantique consacrée, les « terroristes » — arrivent à point nommé pour donner un coup de fouet, c’est le cas de le dire, à cette subversion larvée de la civilisation française. Ils incarnent une nouvelle étape, parfaitement logique d’un point de vue historique, du glissement de la France dans une nouvelle aire culturelle. La démographie — immigration et natalité — a permis de constituer un socle de sympathisants, de militants et de combattants ; la phase armée accélérera et achèvera la soumission de la France à la loi d’Allah.
Bien sûr, cela ne se déroulera pas sans obstacle. Bien sûr, il y aura des réfractaires à la haine et à la violence. Bien sûr, des musulmans refuseront le djihad. Et choisiront la France. Il y eut les harkis d’Algérie ; il y aura les harkis de France. Mais il est hélas à craindre que ceux-ci ne connaissent pas un destin moins funeste que ceux-là…

Il faut être lucide, en effet : si de Gaulle, qui aimait la France, a abandonné ses citoyens les plus loyaux à un sort atroce, qui peut croire que nos dirigeants actuels, qui détestent la France, apporteront une quelconque protection à leurs citoyens ?
Si de Gaulle, « le premier des Français », s’est fait le complice objectif des islamistes du FLN, que sortira-t-il de la relation entre nos élites anti-françaises et les islamistes de nos banlieues ?
Si le 5 juillet 1962, apprenant que débutait à Oran un « massacre au faciès blanc », le général de Gaulle lança au général Katz cet ordre glaçant : « Surtout, ne bougez pas ! », livrant ainsi des milliers de Français sans défense à la barbarie des islamistes (alors que 18 000 soldats français étaient stationnés dans la ville), que croyez-vous qu’il se passera quand les Molenbeek français déverseront leurs combattants dans nos rues ? Quand les kalachnikov sortiront des caves et les poignards de leurs fourreaux, quel secours les « sans-dents », les « illettrés » et autres « gens qui ne sont rien » pourront-ils espérer de leurs dirigeants ? Qui peut croire que ces gens qui les méprisent les défendront, quand on sait que le premier des Français a laissé 70 000 harkis se faire écorcher vifs, émasculer, écarteler, découper en morceaux, plonger dans des marmites d’eau bouillante, leurs femmes se faire violer puis égorger, et leurs enfants se faire traîner dans des abattoirs pour finir pendus à des crocs de boucher ? Qui peut nous assurer que ces supplices ne recommenceront pas, quand on connaît la haine que nous vouent les islamistes, la connivence de nos élites, et la faiblesse de nos armées ? Déjà, des analogies apparaissent…
Ainsi le 13 novembre 2015, pendant que des innocents se faisaient émasculer, égorger, décapiter à l’intérieur du Bataclan (ainsi qu’en atteste un rapport parlementaire, source on ne peut plus officielle à laquelle, étrangement, nos journalistes avides d’informer n’ont pas jugé opportun de donner de l’écho), les militaires présents autour du site restèrent désespérément passifs : ils avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir. Cet ordre n’est pas sans rappeler celui qui fut donné aux militaires après la signature des accords d’Evian, et qui livra des dizaines de milliers de Français aux appétits sanguinaires des islamistes. Abandon inouï dont témoigna ce jeune soldat qui, en 1962, voyant se précipiter vers sa caserne un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants poursuivis par des islamistes, reçut l’ordre de laisser les grilles fermées. Et assista impuissant à leur égorgement. Juste devant ses yeux. « Depuis, je ne peux plus passer une nuit sans me réveiller en tremblant, avec les cris et les râles de ces pauvres gens dans les oreilles. » Abandon monstrueux, dont témoigna le pilote de l’hélicoptère du général Katz, le 5 juillet 1962 : « Nous survolons la ville, partout des gens qui fuyaient et des cortèges de bras en l’air, escortés par des ATO (auxiliaires de l’armée nationale populaire) ou des civils en armes. Nous avons survolé le Petit Lac, là aussi une foule compacte bras en l’air, des gens qu’on faisait entrer dans l’eau et qu’on abattait froidement. J’ai hurlé : “Mon général, on abat des gens, je vois l’eau qui devient rouge de sang”. Le général m’a répondu : “Retour à la base”. »

« La seule chance de salut pour les vaincus, c’est de n’en espérer aucun » a écrit Jean Héritier. Nous ne devons rien espérer de nos dirigeants : ils ne bougeront pas le petit doigt pour nous sauver. Au contraire : tous leurs actes depuis soixante-cinq ans dénotent une étonnante constance dans la haine de la France. Ils ont rejeté les harkis à la mer ; ils laissent entrer des centaines de milliers d’immigrés réguliers et clandestins. Ils ont accepté au compte-gouttes des hommes et des femmes qui avaient risqué leur vie pour servir la France ; ils ouvrent grand les vannes à des gens qui n’ont que « Nique la France » à la bouche. Pendant trente ans, les premiers furent parqués dans des camps insalubres ; les seconds sont gavés d’allocations. Interrogé sur l’accueil des harkis, Gaston Deferre, grand humaniste socialiste, lança : « Qu’ils aillent se réadapter ailleurs ! » Quant au général de Gaulle, à Peyrefitte qui lui exposait « le spectacle de ces rapatriés hagards, de ces enfants dont les yeux reflètent encore l’épouvante des violences auxquelles ils ont assisté, de ces vieilles personnes qui ont perdu leurs repères, de ces harkis agglomérés sous des tentes, qui restent hébétés… », il répondit : « N’essayez pas de m’apitoyer ! ». Aujourd’hui, pour héberger des gens qui hurlent « Allah Akbar ! », l’Etat français réquisitionne des hôtels. Ce même Etat français qui ferma les frontières aux harkis venant d’Algérie, et les ouvre aux djihadistes revenant de Syrie…

Certains verront dans ces comportements de spectaculaires contradictions ; ils procèdent en vérité d’une très grande cohérence. Une fois qu’on a démasqué la comédie patriotique de nos élites, et compris que leur authentique dessein était de détruire la France, ce qui semblait délirant devient logique. Il faut en effet cesser de déchiffrer les événements avec les sous-titres des médias (ce qui est un moyen assuré de ne rien y comprendre), mais au contraire les inscrire dans une dynamique de long-terme. Identifier leur généalogie ; comprendre que nos élites ne sont que les épigones, incultes et illettrés, des philosophes des « Lumières » ; que comme eux, ils n’ont au fond qu’un ennemi : le catholicisme. Donc la France, tant il est incontestable historiquement que le catholicisme est l’armature de la France.
Pour détruire cette armature, ces démons ont cru que la « laïcité » serait une arme suffisante. Tout homme qui connaît l’Histoire sait en effet que la laïcité ne vise pas la neutralité religieuse, mais la neutralisation du catholicisme.
Mais la laïcité a déçu leurs espoirs. En effet, même le plus athée des bobos conserve en lui une part de francité, donc de catholicité. Même notre misérable civilisation, que nous avons encore le culot d’appeler civilisation occidentale, entretient un lien avec ses soubassements catholiques. Un lien ténu, certes, mais que la laïcité s’avère impuissante à trancher.
Cela, nos élites diaboliques l’ont compris. Ou du moins, elles le sentent. Elles sentent que la laïcité n’est pas l’arme adaptée ; que malgré ses indéniables succès, elle ne peut aller au bout de sa mission d’extermination du catholicisme. Il faut donc recourir à une arme plus radicale. L’islam fera l’affaire.
La vérité, en effet, est que seule une religion peut abolir une religion. C’est donc à l’islam qu’il revient d’extirper le catholicisme de la France. D’en effacer les dernières traces. C’est à l’islam qu’il revient de rendre la France parfaitement méconnaissable. De la faire changer de continent. Travail sur le temps long, se rassureront certains ; travail qui est cependant en bonne voie ; et déjà achevé en de nombreux endroits.

Aspiré par le vide spirituel de l’Occident, l’islam se répand à une vitesse vertigineuse. En seulement quarante ans, il a déjà conquis de très nombreux bastions. Et ses perspectives d’avenir s’annoncent excellentes : l’autoroute migratoire mise en place par nos élites convoie chaque année des flux de plus en plus denses. Chaque année, des millions de musulmans arrivent en Europe, et y trouvent une civilisation-fantôme. Une civilisation sans âme, sans vitalité, sans souffle car sans foi. Une civilisation terne, stérile, sans grandeur car sans Dieu. Alors ils y mettent leur souffle, leur foi, leur dieu. Comment leur en vouloir ?
Comment leur reprocher de préférer leurs racines historiques à notre errance consumériste ? Leur spiritualité à notre crétinisme ? Comment leur reprocher de préférer Allah à Cyril Hanouna ? Le Coran à BHL ? Mahomet à Christine Angot ? Comment leur reprocher de préférer leurs héros à nos guignols ?

Ce ne sont pas les djihadistes qui nous tueront : c’est nous qui nous sommes suicidés. Ce n’est pas eux qui nous balaieront : c’est nous qui nous sommes déracinés. Il y a deux siècles. En tranchant le lien vital que nous entretenions avec le catholicisme. Depuis, notre civilisation n’a tenu debout que par la sève résiduelle du catholicisme. Mais celle-ci vient maintenant à manquer…

Peut-être, un jour, devant l’étendue du désastre, nous demanderons-nous comment nous avons pu en arriver là. Comment la plus haute civilisation qu’ait jamais portée cette planète a pu devenir aussi piteuse. Aussi vulgaire. Aussi stérile. Comment elle a pu s’effondrer aussi vite.
Peut-être, alors, comprendrons-nous que la grandeur de notre civilisation était consubstantielle au catholicisme ; que notre mépris pour le catholicisme n’était au fond qu’un mépris de soi. Que notre haine pour la religion qui nous a fait était une haine de nous-mêmes.
Peut-être, alors, comprendrons-nous que pour enrayer la progression de l’islam, il eût fallu non pas invoquer les valeurs républicaines, ni la citoyenneté, ni les droits de l’homme, ni poser des nounours et des bougies sur des trottoirs, ni gueuler « Vous n’aurez pas ma haine » à des gens qui tuaient nos enfants.
Il eût fallu retrouver notre armature. Faire rebattre le cœur de notre civilisation. C’est-à-dire réhabiliter le catholicisme. Démonter les stéréotypes odieux dont il est victime. Et montrer les splendeurs qu’il a engendrées. Rappeler que Rome n’est pas seulement la capitale de la beauté, mais aussi celle du catholicisme ; et que ce n’est pas le fruit du hasard. Faire remarquer que Florence, Venise, Vienne, Prague sont les traductions architecturales du catholicisme. Exalter les génies qui se sont épanouis par et pour le catholicisme ; évoquer le tourbillon de peintures, de cathédrales, d’églises, de chapelles, de pensées, de livres, de mélodies bouleversantes que cette religion a suscité. Oui, il eût fallu faire connaître le catholicisme, loin des clichés grotesques et des caricatures infectes qui courent sur lui. Non pas pour devenir un peuple de culs-bénits ; mais pour ne pas tout à fait disparaître. Non pas pour devenir une théocratie ; mais pour sauver notre âme. Pour retrouver notre âme. Pour nous raccrocher à nos racines, et ne pas être balayés par la tempête qui vient…

Bien sûr, ce scénario salvateur est purement fictif : le catholicisme est trop lourdement discrédité pour que l’Occident redécouvre sa grandeur. Des décennies de propagande, de bombardement incessant de prêt-à-penser anticatholique ont porté leurs fruits : dans « l’esprit » de l’Occidental 2.0, catholicisme signifie pédophilie, guerre sainte, inquisition, intolérance, obscurantisme et ignorance (de son propre obscurantisme et de sa propre ignorance, le néo-Occidental n’a en revanche pas la moindre idée). A contrario, toutes les abominations commises au nom de l’islam sont accueillies par la formule rituelle : « Ce n’est pas ça, l’islam. » Ou encore « Ca n’a rien à avoir avec l’islam. » L’Occidental 2.0 est donc prêt. Orienté dans le bon sens. Haineux de son passé catholique, et prosterné devant son futur islamique. Conjuguées à l’immigration musulmane massive et à la force des armes, ces prédispositions vont hâter la fuite du passé ô combien exécrable de l’Occident, et l’avènement de son futur ô combien désirable…


La nouvelle religion de l'Occident est en marche. Elle avance, à pas de géants. En seulement quarante ans, nos nouveaux maîtres — Qatar, Arabie saoudite, Turquie, Maroc, Algérie — se sont solidement implantés sur le Vieux Continent, et ont sensiblement changé son visage. Accomplie en de nombreux endroits, l’uniformisation islamique de l’Europe n’est plus qu’une question de temps. Et de sang.
Et le moment approche où, paraphrasant Louis XIV, notre nouveau calife pourra proclamer : « Il n’y a plus de Méditerranée. »


La plupart des faits relatifs à la guerre d'Algérie évoqués dans ce texte sont tirés du livre de Jean-Jacques Jordi "Un silence d'Etat".

Terrorisme ou djihadisme?

Ceux qui nous tuent ne sont pas des terroristes ; ce sont des djihadistes.
Ce qu'endurent les Européens n'est pas une vague d'attentats ; c'est une guerre aux infidèles.
Une guerre de conquête. Sur le modèle de Mahomet. Pour que l'Europe devienne terre d'islam.

Tant que nous refuserons de comprendre cela, nous mourrons.
Tant que nous refuserons de connaître notre ennemi, il continuera de nous dominer.
Et de nous décimer.

lundi 19 juin 2017

NKM NTM




Nat’ est tombée par terre. On ne sait pas si c’est la faute à Voltaire. Ce qui est sûr, c’est que la chute de cette bobo lugubre indigne tous les gogos. Tout au moins les gogos bobos. Ou les bobos gogos. Qui gobent tous les bobards. En un mot, les bobos.
Mais n’ironisons pas. Ne moquons pas la papesse des bobos. Car l’heure est grave : à en croire les commentaires catastrophés sur les forums de discussion, ce qui est arrivé à NKM dépasse tous les sommets d’abjection. C’est l’outrage suprême. L’offense faite à NKM. Nul doute qu’on en parlera encore dans trente ans. Non, vraiment, c’est trop horrible. Epouvantable. Impardonnable.
Pour un peu, certains commentateurs réclameraient le rétablissement de la peine de mort. Ponctuellement, bien sûr. Juste pour juger ce crime odieux. Car, voyez-vous, contre une telle barbarie, il faut une justice exemplaire. Une justice ferme. Inflexible. Il faut, pour ce crime d'une barbarie nouvelle, ajouter un barreau à l’échelle des peines.
Puis, une fois le monstre NKMophobe brisé, on redescendra dans l’échelle des peines. La justice reprendra son cours normal. Pour juger les crimes normaux.
Les 265 viols par jour, notamment. Qui donnent lieu à 800 condamnations par an. Ce qui veut dire qu’on dénombre, en France, plus de viols tous les trois jours que de condamnations pour viol tous les ans. Ce, à cause des décisions politiques de NKM et ses semblables. Des milliers de vies brisées chaque année, en toute impunité, à cause des politiques migratoires et pénales mises en œuvre par NKM et ses clones. Mais, curieusement, cela n’indigne pas nos magnifiques indignés.
Pas plus que ne les indignent les suicides de paysans. Un tous les deux jours. Ce, en répercussion du modèle économique imposé par NKM et ses sosies. « Z’ont qu’à s’adapter, ces cons », voilà toute la compassion que ça leur inspire, à nos grands compatissants. Nos authentiques compatissants.
Et les flics tabassés (par on ne sait qui) ? « C’est leur boulot. »
Les CRS qui se prennent sur le coin de la tronche des frigos lancés du 7ème étage (par on ne sait qui) ? « Ils ont qu’à changer de métier, s’ils sont pas contents. »
Les pompiers caillassés tous les soirs (par on ne sait qui) ? « C’est quand même pas si fréquent. »
Les attentats islamistes — pardon, terroristes (par on ne sait qui) ? « Vous savez, il y a moins de morts du fait du terrorisme aujourd’hui qu’il y a trente ans. »
Les filles harcelées quotidiennement (par on ne sait qui) ? « Le machisme n’a pas de religion. Ni de couleur de peau. »
Les jeunes adolescentes violées dans les tournantes (par on ne sait qui) ? « Faut pas stigmatiser. »
Les égorgements, éventrements et décapitations du Bataclan (par on ne sait qui) ? « Vous n’aurez pas ma haine. »
Faut pas stigmatiser. Vous n’aurez pas ma haine. Joli programme. Sauf, bien sûr, pour le salaud qui a commis ce crime suprême : gifler Sainte Nathalie avec un tract. Lui, alors, on peut y aller, question stigmatisation. Avec lui, on peut se lâcher, question haine. On peut l’agonir d’injures, le diffamer sans retenue, on peut lui souhaiter la prison. Pour un tract au visage.
Il faut être particulièrement inattentif pour ne pas sentir à l’œuvre, derrière les bêlements du troupeau des indignés, des sentiments bien peu nobles. Il faut être capable de bien peu de recul pour ne pas voir que sous le masque de la compassion, c’est l’ivresse de lynchage qui se déchaîne. Un lynchage en toute bonne conscience. Un lynchage certifié correct. Un lynchage humaniste.
Ce qui importe à nos indignés moutonniers, ce n’est évidemment pas la justice — dont ils se foutent comme du dernier attentat islamiste — : c’est de pouvoir lâcher la bride à leurs pulsions lyncheuses. Avec la bénédiction de la foule. Tout ce qu’ils veulent, nos humanistes homologués, c’est frapper. Mais frapper sans risque. Là où la meute leur indique de frapper. Frapper à mille contre un. Sous les applaudissements.
C’est toujours comme ça qu’ils fonctionnent. La preuve ? Imaginez la mésaventure de NKM arrivant à Marine Le Pen. Imaginez bien. On verrait, alors, s’exprimer un tout autre sens de la justice… une toute autre forme d’indignation… on entendrait de tous autres discours. C’est que les instructions implicites de la meute ne seraient pas du tout les mêmes. En pareille occurrence, l’hystérie collective commanderait de minimiser la faute du criminel — qui ne serait d’ailleurs plus un criminel, mais un citoyen légitimement énervé. Tout le monde s’accorderait à suggérer que Marine Le Pen l’a un peu cherché ; qu’après tout, c’est elle qui attise la haine, avec ses discours de haine qui montent les Français les uns contre les autres. Puis on conclurait, en grand compatissant : « Ça devait finir par arriver. »
Ainsi va l’humanité, en notre beau XXIème siècle d'humanisme et de Lumières. Ainsi va la compassion. Ainsi va le sens de la justice.
En 1947, c'est-à-dire il y a une éternité, Bernanos écrivait : « La justice qui n’est pas selon le Christ, la justice sans amour, devient vite une bête enragée. Il serait fou de penser que la justice, même débaptisée, même déchristianisée, vidée de tout son contenu spirituel, est tout de même quelque chose qui ressemble à la justice et qui peut encore servir […] On a lâché la justice sans Dieu dans un monde sans Dieu ; elle ne s’arrêtera qu’elle n’ait ravagé la terre. »

mardi 6 juin 2017

Déni

« L'aveuglement fait des fléaux plus grands que la méchanceté.  »
Baudelaire

Ce n’est pas le terrorisme qui ensanglante l’Europe : c’est le djihadisme.

Ce n’est pas le ressentiment envers les prétendus « crimes » de l’Occident qui suscite ces attentats : c'est l’imitation de Mahomet, et l’impératif du djihad.

Ce ne sont pas quarante années de politique occidentale au Moyen-Orient qui expliquent les décennies d’enfer dans lesquelles nous entrons : ce sont 1 400 ans d’Histoire.

1 400 ans d’Histoire que nous ne voulons surtout pas connaître. Pour ne pas prendre le risque de déroger au politiquement correct.

Un politiquement correct tellement tyrannique, qu’il nous effraie davantage que les djihadistes.
Nous préférons en effet laisser ces derniers continuer à nous égorger, plutôt que de les nommer pour pouvoir commencer à les combattre. Nous préférons mourir dans un attentat islamiste, qu’être traités d’islamophobes. Nous préférons protéger nos ennemis que nos enfants.

Nous voudrions faire cesser le terrorisme djihadiste, mais nous n’avons même pas le courage d'affronter le terrorisme intellectuel.

Nous voudrions défaire nos ennemis, mais nous refusons de les connaître. Nous voulons oublier qu’ils crient « Allah Akbar ». Nous voulons oublier qu’ils imitent les actes du Prophète. Mahomet, le chef de guerre impitoyable. Mahomet, « l’homme idéal ».

Nous voulons ignorer que, dès sa naissance, l’islam s’est constitué par la guerre. Une guerre qui n’a connu que peu d’accalmies. Une guerre qui reprend aujourd’hui.

A la nuance près que, pour la première fois, les combattants ne sont que d’un côté. En face, il n’y a que des ignorants volontaires et des trouillards. Une humanité émasculée, dévitalisée, hébétée et qui, à la lucidité et au courage, préfère l’aveuglement et la soumission. Elle va être servie.

mardi 23 mai 2017

Multikulti in Manchester




"Nous traitons à présent 64 personnes, sur lesquelles environ 20 sont en soins intensifs, ce qui signifie qu'ils reçoivent des soins très urgents", a détaillé Jon Rouse, qui dirige les services de santé dans la région du Grand Manchester. "Nous avons affaire à des lésions d'organes majeurs, de graves blessures au niveau des membres", a-t-il dit, ajoutant qu'une très longue convalescence attendait ces blessés.
Le Figaro, 24 mai 2017


No stigmatisation! No amalgam!
It's because of Marine Le Pen!

De cet attentat, comme de tous ceux passés et à venir, deux leçons à retenir :
1) Pas d'amalgame;
2) Les vrais salauds, c'est Marine Le Pen et ses électeurs. Pas ceux qui ont laissé venir et prospérer l'islam en Europe. Et encore moins ceux qui commettent ces attentats. Non : ceux-là, voyez-vous, n'auront pas notre haine.

Voilà la belle humanité des humanistes contemporains.
Voilà le plus haut degré de compassion et de courage dont ils sont capables.
Voilà, surtout, le niveau de lucidité du bipède du XXIème siècle, après deux siècles de "Raison" et de "Lumières".
Et on ose encore qualifier les siècles précédents d'obscurantistes...

samedi 6 mai 2017

Trissotin 2017






« C’est un parleur étrange, et qui trouve toujours,
L’art de ne vous rien dire, avec de grands discours »
Molière (Le Misanthrope. Acte II. Scène IV)

« Je pense qu’aussi longtemps que la diplomatie permet d’éviter la guerre, elle est préférable. »
Emmanuel Macron

« Parmi les péchés en parole, il faut éviter les paroles inutiles, c’est-à-dire celles qui ne servent en rien ni à celui qui les prononce ni à autrui. »
Saint Ignace de Loyola

« L’exigence de l’optimisme est la voie de l’espoir que nous voulons. »
Emmanuel Macron

« On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé »
Molière (Les Femmes savantes. Acte II. Scène VII)

« Il vous appartient de poursuivre le chemin jusqu’au bout et au-delà. »
Emmanuel Macron

« J’essaie de dire des choses — enfin j’espère. »
Emmanuel Macron



Molière est éternel.
Comme tous les grands écrivains, il capte dans ses personnages ce que l’homme a de permanent ; ce qui, par-delà les époques, les cultures et les mœurs, se manifeste immanquablement, sous des masques divers.
Il n’y a en effet que les progressistes et les incultes  mais c’est la même chose — pour croire que l’homme change fondamentalement ; il n’y a que les moulins à stéréotypes contemporains pour « penser » qu’il n’y a pas d’invariants anthropologiques : de tronc commun éternel à partir duquel se développent les branches, éphémères, propres à chaque époque.

Molière est un écrivain ; cela suffit à le différencier des pitres écrivassiers qui, de Marc Levy à Jean d’Ormesson, empoisonnent les cerveaux contemporains avec leur prose incolore, plate et sans vie.
Molière est un écrivain ; c’est pour cela que, trois siècles et demi après sa mort, il est bien plus vivant que tous nos graphomanes contemporains. C’est pour cela qu’à lui seul, il nous apporte sur notre temps un éclairage bien plus précieux que tous ces impotents réunis.
C’est parce qu’il est un écrivain que, trois siècles et demi après sa mort, il est infiniment plus actuel que tous ces anti-artistes qui tomberont dans l’oubli dès que le soleil médiatique se couchera sur leur imposture.

Il faut lire Molière, donc. Le lire et le relire. La vie est trop courte pour perdre son temps à ne pas lire Molière.
D’autant qu’en vérité, on gagne un temps fou, à lire Molière. On prend un plaisir fou, et on gagne un temps fou ; car on comprend en une comédie ce que d’autres expriment péniblement sur plusieurs centaines de pages, sans style et sans clarté. Et puis surtout, en lisant Molière, on réalise que les protagonistes de notre époque ont déjà été décrits, pour une large part. Décrits, analysés et mis en boîte.

Pour ne prendre qu’un exemple, la campagne présidentielle qui s’achève fut un long hommage à Molière. Hommage involontaire, bien sûr, tant la haine de la France et singulièrement de son art (qui « n’existe pas », dixit l’un des candidats) est vivace chez la quasi-totalité des candidats — et la majorité des électeurs. Mais hommage quand même. En cela, d’ailleurs, cette campagne aura été brillante. Hélas, en cela seulement.

Ainsi, François Fillon, c’est à la fois Harpagon et Tartuffe. Le pingre et l’imposteur. Le chantre de l’austérité qui porte des pulls à mille euros la manche — payés par le contribuable. Le champion de la sobriété qui se love dans des costumes qui coûtent un an de SMIC — payés par le contribuable. L’homme honnête et droit qui conclut de drôles de contrats de travail avec sa femme et ses enfants… L’homme de convictions qui retourne sa veste en moins de deux minutes ; l’homme fier et intègre qui, apprenant sa défaite électorale à 20h00, appelle à 20h02 à voter pour son concurrent, qui l’a traîné dans la boue et livré pendant plusieurs mois à un lynchage d’une violence inouïe…
Quant à l’électeur de Fillon, il n’a jamais été aussi bien portraituré que sous les traits d’Orgon. Orgon, le cocu de compétition qui se fait copieusement truffer par Tartuffe.
Orgon, le pigeon frénétique qui ne veut rien savoir, rien entendre des mises en garde — pourtant bienveillantes — de ses amis et de sa famille.
Orgon, le couillon forcené dont l'idolâtrie pour Tartuffe annihile toute lucidité, toute capacité à entendre la moindre critique sur ce dernier ; Orgon, que son adoration fanatique pour Tartuffe rend aveugle et sourd. Aveugle aux faits, innombrables, qui démentent sa vision idéalisée ; et sourd aux avertissements de ses proches :

« Mais il est devenu comme un homme hébété,
Depuis que de Tartuffe on le voit entêté ;
[…]
Ses moindres actions lui semblent des miracles,
Et tous les mots qu’il dit sont pour lui des oracles. »

Ainsi, à ceux qui cherchent à le prévenir de sa duperie :

« C’est de fort bonne foi que vous vantez son zèle ;
Mais par un faux éclat je vous crois ébloui. »

, il répond, implacable :

« Mon frère, vos conseils sont les meilleurs du monde,
Ils sont bien raisonnés, et j’en fais un grand cas ;
Mais vous trouverez bon que je n’en use pas. »

Quand la vénération prend des formes aussi gratinées, les avertissements ne sont pas seulement inutiles ; ils sont contre-productifs. Plus on cherche à le sortir de son aveuglement, plus Orgon s’aveugle. Plus on tente de lui ouvrir les yeux, plus il s’enferme dans le déni.
Chaque critique envers son gourou rend ce dernier plus incritiquable. Chaque tentative de l’atteindre le rend plus intouchable. Chaque attaque renforce son statut de victime. Et légitime, par conséquent, qu’on le défende de plus en plus férocement.
C’est pourquoi, à mesure que la pièce progresse et que les critiques se multiplient contre Tartuffe, Orgon se crispe, se raidit, manifeste une intolérance de plus en plus hystérique envers ceux qui formulent des doutes sur l’honnêteté de Tartuffe :

« Je vous défends tout net d’oser dire un seul mot. »

« Tais-toi, peste maudite »

« Si tu dis un seul mot, je te romprai les bras. »

Cette escalade dans la violence culmine quand Orgon insulte son fils qui a eu le tort de lui dire la vérité sur Tartuffe, puis le menace physiquement, et enfin le chasse de sa maison — sans oublier au passage de le déshériter (au profit de Tartuffe) :

« Je te prive, pendard, de ma succession,
Et te donne, de plus, ma malédiction. »

Tout cela, donc, pour défendre un imposteur. Toute cette ivresse de haine contre son propre fils, pour défendre quelqu’un qui le méprise, convoite sa femme, et s’apprête à le ruiner. N’a-t-on pas là, décrit magistralement, le sectarisme qui s’exprime dans certaines familles quand la discussion prend un tour politique ?
N’a-t-on pas là, décrit magistralement, ce prodigieux mélange de mauvaise foi, de cécité volontaire et d’aigreur qui caractérise le militant ? Cette abolition de toute exigence de vérité, qui rend impossible un échange loyal ? Ce dogmatisme hargneux, qui transforme le contradicteur en blasphémateur, et exclut donc d’entretenir avec lui un désaccord civilisé ? N’a-t-on pas là, décrits magistralement, les sommets de haine, de bêtise et de destruction vers lesquels peut mener l'envoûtement par un charlatan ?

Rien de neuf, donc, depuis Molière. Enfin si, une petite nuance : quand, ayant surpris Tartuffe en train de convoiter sa femme, Orgon comprend enfin sa duperie, il renvoie Tartuffe avec la plus grande fermeté.
Il en va tout autrement avec le cocu de Fillon : cocufié pendant cinq ans (de 2007 à 2012), il s’est pourtant battu avec la plus grande énergie pour que son cocufieur revienne au pouvoir et le recocufie cinq années de plus. Las, n’ayant pas obtenu de se faire recocufier par son cocufieur préféré, il s’apprête à se faire recocufier au carré, en obéissant docilement aux directives de son cocufieur qui l’engage à voter pour celui qu’il a âprement combattu.
Ainsi, le cocu de Fillon se retrouvera cocufié directement, et indirectement. C'est là un degré de cocuage que Molière ne pouvait pas prévoir. C’est que, s’il est vrai que l’homme ne change pas fondamentalement, il n’en est pas moins vrai que chaque époque l’assaisonne à sa façon, lui apporte des nuances, atrophiant certains penchants, en hypertrophiant d’autres.

Ainsi, l’homme contemporain se distingue par une atrophie sans précédent de l’exigence de vérité et, partant, une forte perméabilité au mensonge, une prodigieuse indifférence aux faits, et une incapacité structurelle à solliciter sa mémoire pour éclairer le présent. L’homme contemporain est un amnésique. Il s’expose donc à être perpétuellement dupé. C’est toute l’histoire de ces trente dernières années. Et des cinq années à venir.
Une fois de plus, en effet, les Français vont reconduire aux affaires Tartuffe et sa cour de piteux, tous les Attali, Raffarin, Estrosi, Ruquier, Copé, Wauquiez, Cohn-Bendit, Bayrou, Galzi, Ferrari, Cohen, Aphatie, Birenbaum, tous ces apparatchiks empêtrés dans leurs intrigues minables pour conserver leurs places et perdurer au détriment des Français, leur infligeant chaque jour le spectacle de leur médiocrité et de leur arrogance ; tous

« ces gens, qui, je ne sais comment,
Ont gagné, dans la cour, de parler hautement.
Dans tous les entretiens, on les voit s’introduire ;
Ils ne sauraient servir, mais ils peuvent vous nuire. »


Si l’on est frappé, à trois siècles et demi d’intervalle, par les analogies entre Fillon et Tartuffe d’une part, Orgon et l’électeur de Fillon d’autre part, il est une analogie plus spectaculaire encore. Il est en effet un personnage qui parcourt l’ensemble de l’œuvre de Molière, et qui a pris corps aujourd’hui. Un personnage que Molière fait inlassablement revenir dans ses comédies. Un personnage qui fascine Molière jusqu’à l’obsession car, outre son potentiel comique inépuisable, il est un concentré de nature humaine. Il incarne ce que l’homme a en lui de moins glorieux : cet étonnant mélange de narcissisme et de vacuité ; ce puissant mariage entre la médiocrité et l’autosatisfaction. Ce personnage, c’est Mascarille dans Les Précieuses ridicules ; dans Le Misanthrope, il prend les traits d’Oronte ; et dans Les Femmes savantes, il s’appelle Trissotin. C’est le pédant ; le petit marquis inepte et prétentieux, qui s’admire d’autant plus qu’il est plus médiocre.
C’est l’homme vide de culture, mais plein de certitudes. Celui qui « sait tout sans avoir jamais rien appris ». Celui à qui le savoir et la compréhension du monde viennent « naturellement, sans étude ».

C’est celui qui a un avis sur tout, sans avoir jamais réfléchi à rien. Celui qui affirme d’autant plus fermement qu’il ignore tout de son sujet ; qui assène d’autant plus catégoriquement qu’il n’a pas d’argument.

Celui dont l’assurance est proportionnelle à l’ignorance.

Cet homme a une tellement haute image de lui-même qu’il n’envisage pas qu’il lui soit nécessaire de travailler, avant de la ramener. Non. Aussi inconsistant que sûr de lui, il parle sans cesse, mais ne pense jamais. Le problème, c’est que n’ayant rien à dire, il est condamné à produire des phrases qui ne disent rien. Des phrases pleines de mots, mais vides de sens.
« Il faut que l’émergence de cette diversité qu’est la société française, elle reste dans la vibrance de cette diversité. » Des phrases ronflantes, boursouflées, verbeuses, où l’absence de structure et l’inflation de mots servent à masquer l’absence de contenu. « Ce qui constitue l’esprit français, c’est une aspiration constante à l’universel, c’est-à-dire cette tension entre ce qui a été et la part d’identité — cette ipséité stricte — et l’aspiration à un universel, c’est-à-dire à ce qui nous échappe. » Des phrases brumeuses, vaguement lyriques, dont aucune signification n’émerge, mais alors assénées avec conviction pour faire croire qu’elles recèlent un sens et une cohérence, quand elles ne veulent rigoureusement rien dire. « La réconciliation cohérente que je propose et le projet progressiste assumé sont de nature à réveiller des initiatives très fortes au niveau de la société. »

Tout le monde le connaît, Trissotin. Tout le monde a déjà eu le malheur de voir ce morveux narcissique répandre son arrogance et son inculture sur un plateau de télévision ou dans Télérama. Et dans les grandes villes — singulièrement à Paris —, ce sont des bataillons de Trissotin que l’on croise en terrasse, dans les cafés et dans les restaurants. On a renommé « bobos » ces coquets vaniteux, mais ça ne change rien : ce sont des Trissotin. D’ailleurs, vous verrez, ils s’apprêtent à voter massivement pour leur sosie. Pour Master Trissotin. C’est-à-dire Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, saint patron des bobos. Et, accessoirement, auteur des perles linguistiques ci-dessus.

Molière a très bien connu Emmanuel Macron. Jusqu’au timbre de sa voix. Vous ne me croyez pas ? Et pourtant, il en dresse le portrait précis dans Les Femmes savantes :

« Tous les propos qu’il tient sont des billevesées ;
On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé,
Et je lui crois, pour moi, le timbre un peu fêlé. »

De même, Molière a très bien connu le fan-club — pardon, les militants — d’Emmanuel Macron. Il les a connus, et très précisément décrits. C’est dans Les Femmes savantes qu’on trouve le portrait rigoureux de ces gens qui crient au génie à chaque fois que leur idole enfonce une porte ouverte ; ces dévots qui pâment d’extase dès que leur gourou ouvre la bouche, même et surtout si c’est pour proférer une grosse banalité :

« L’agriculture, ce sont les femmes et les hommes qui nous nourrissent. »

« Ah ! le joli début ! »

« Je veux un président qui préside et un gouvernement qui gouverne. »

« Ah ! Tout doux, laissez-moi, de grâce, respirer. »

« Je considère que pour accéder à la fonction présidentielle, il faut se présenter à l’élection présidentielle. »

« Donnez-nous, s’il vous plaît, le loisir d’admirer. »

« L’argent que j’ai gagné dans ma vie, je l’ai gagné. »

« On se sent à ces vers, jusques au fond de l’âme,
Couler je ne sais quoi qui fait que l’on se pâme. »

« Le monde a changé : il n’est plus le même. »

« Que [Le monde a changé] est là joliment dit !
Et que la métaphore est mise avec esprit ! »

« La conclusion, c’est de tirer les conclusions. »

« Je voudrais l’avoir fait. Il vaut toute une pièce.
Mais en comprend-on bien, comme moi, la finesse ? »

« Il faut interdire les signes religieux ostentatoires qui sont aujourd’hui interdits. »

« Oh, oh, oh ! celui-là ne s’attend point du tout. »

« Notre pays il est fait pour moitié de femmes et pour moitié d’hommes. »

« Lui seul des vers aisés possède le talent ! »

« Je ne suis pas quelqu’un qui est dans l’insensibilité »

« On n’a que lui qui puisse écrire de ce goût »

« Nous pouvons créer un rapport de force en étant forts. »

« Je ne sais pas, pour moi, si chacun me ressemble,
Mais j’entends là-dessous un million de mots. »

« Dans cette fraternité, nous mettrons de l’humain partout. Parce que nous voulons faire converger nos efforts pour protéger et préserver. »

« On n’en peut plus. »

« Est-ce que vous entendez le murmure du printemps ? »

« On pâme. »

« L’école, elle rassemble toutes les fidélités, et la plus précieuse d’entre elles : la fidélité à l’avenir. »

« On se meurt de plaisir. »

« Pour construire ensemble des solutions et un avenir, nous devons trouver des lignes de force communes. »

« De mille doux frissons vous vous sentez saisir. »

« Penser printemps, mes amis, c’est réconcilier l’ambition et le réel. »

« Chaque pas dans vos vers rencontre un trait charmant. »

« L’argent ne se mange pas, et nous sommes tous des enracinés. »

« Partout on s’y promène avec ravissement. »

« Il est parfois bon aussi de savoir être maître des horloges. »

« On n’y saurait marcher que sur de belles choses. »

« Et c’est ce qui fait que la France a toujours été elle-même en débordant d’elle-même. »

« Ce sont petits chemins tout parsemés de roses. »

« Précisément parce que la Guyane n’est pas une île, il y a parfois beaucoup d’une île dans sa réalité. »
« Admirable, nouveau,
Et personne jamais n’a rien fait de si beau. »

« - 35 jours, c’est court ou c’est long ?
- C’est factuel. Je n’ai jamais commenté ces données là. Je les prendrai journée après journée, avec beaucoup de sérieux. Avec calme, sérénité, et détermination. »

« Ah ! de l’esprit partout ! »

« L’enthousiasme, c’est le contrepoint des attentes. »

« Si la France pouvait connaître votre prix… »

« Ce que nous ferons pour la culture, c’est un chemin ; c’est un accès, puis un chemin. »

« Si le siècle rendait justice aux beaux esprits… »

« Une indépendance dans l’Europe, non pas pour s’y fondre, non pas pour s’y confondre, mais pour construire des partenariats structurés. »

« En carrosse doré vous iriez dans les rues. »

« Je suis tout à fait favorable à ce qu’on construise de nouveaux modèles de gouvernance. Ces nouveaux modèles, il pourront être mis en place à l’initiative des acteurs eux-mêmes. »

« On verrait le public vous dresser des statues. »

Avec la modestie qui les caractérise, Macron et ses groupies ont décrété qu’ils étaient le « renouvellement ». Si, plutôt que de nier son existence, ils s’intéressaient à la culture française, ils découvriraient qu’ils existent depuis trois siècle et demi. Et qu’on peut donc douter de l’authenticité du « renouvellement » qu’ils incarnent. Tout laisse craindre, au contraire, que sitôt Trissotin élu, une épidémie de gâtisme s’abatte sur la France. Déjà, il y a deux jours, les soutiens de Trissotin tenaient place de la République un « concert citoyen » dans lequel ils arboraient la petite main jaune « Touche pas à mon pote ». Ce qui décoiffe, question renouvellement…

Quoi qu’il en soit, c’est donc Macron qui, bientôt, présidera aux destinées de la France. C’est cet enfonceur de portes ouvertes, ce moulin à poncifs, ce générateur de tautologies qui nous représentera auprès des nations du monde. C’est Trissotin qui mènera notre diplomatie, avec ses bafouillages entortillés ; c’est Trissotin, avec son lyrisme spongieux et ses crises d'adolescent, qui tiendra tête à Poutine et à Trump. Ils en tremblent d’avance. On imagine déjà notre Trissotin national, lors d’une réunion sur la crise syrienne, prendre un air inspiré puis lancer : « J’ai l’intime conviction que la paix est préférable à la guerre. », avant de poursuivre, sentencieux : « Aussi, je propose que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir — dans la mesure du possible et de l'envisageable raisonnable — pour rechercher une solution qui ne soit pas porteuse de guerre, mais au contraire qui soit le reflet fidèle d’une forte volonté de paix. Parce que j’y crois. »

Vous me direz, ces cinq années de fiasco annoncé ne pourront pas être pires que les cinq années de débâcle que nous venons de subir. Après tout, les chefs d’Etat étrangers doivent maintenant avoir l’habitude que leurs homologues français leur débitent un charabia pâteux et vide de sens. Car c’est bien Hollande qui s’exprimait ainsi : « Nous n’avions pas anticipé que la crise durerait plus longtemps que prévu. » ;
« Par rapport à l’emploi il y a trop de chômage et par rapport au pouvoir d’achat il y a trop de vie chère. » ;
« Je n’ignore rien non plus des souffrances de beaucoup d’entre vous à finir les fins de mois. » ;
« Je vous le confirme ici : le redressement du pays est indispensable. » ;
« Mon devoir, c’est de savoir dépasser les résultats immédiats pour inscrire mon action dans le destin d’un grand pays comme le nôtre. » ;
« J’ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler. » ;
« Il doit y avoir une entreprise pour chaque entreprise qui cherche un apprenti et la même chose dans le cas inverse. » ;
et surtout : « Le devoir de parler notre langue correctement doit être un engagement du président de la République. »

Non, décidément, l’accession de Trissotin au pouvoir n’apportera pas de changements radicaux. A la limite, ce sera peut-être légèrement mieux : car après tout, Macron, c’est Hollande en beau. C'est toujours ça de pris. Plus généralement, Macron, c’est le miroir inversé de Hollande : celui-ci est un vieux qui convoite des jeunes, celui-là un jeune qui convoite des vieilles...

Trissotin chef d’Etat, donc. Molière n’aurait pas osé. C'est que Molière, malgré toute sa fantaisie, n’aurait jamais pu imaginer cette situation tragi-comique où un petit marquis vaniteux se voit confier la fonction suprême. Il faut dire qu’à l’époque, le chef d’Etat, c’était Louis XIV. Celui qui, à seize ans, déclarait : « L’Etat , c’est moi. » Ce qui est un peu plus concis, un peu plus efficace et, disons-le, un peu plus couillu que les contorsions langagières de notre Trissotin national. Il faut dire aussi qu’à l’époque, la France était la première puissance d’Europe ; et qu’elle était unanimement admirée. Coïncidence ?
Il n’est pas sûr, en tout cas, qu’avec Trissotin aux commandes, la France regagnera en crédibilité. Il n'est pas sûr qu'après cinq ans de Trissotin, l'état de la France se sera amélioré. Mais nous verrons, n’est-ce pas ? Nous verrons bientôt. Nous verrons bientôt tous les bienfaits que Trissotin et ses clones comptent prodiguer à notre pays. Nous verrons bientôt l'étendue de leur compétence, et de leur amour de la France. Rendez-vous dans cinq ans. Et en attendant, essayons de rire. Car comme toujours — mais aujourd'hui plus que jamais — seul le rire est susceptible de nous sauver.