vendredi 29 décembre 2017

Femme actuelle



Elle était vraiment conne, quoique plutôt mignonne ;
Pas conne sans Q.I. : elle était diplômée
De Sciences-po, d’Harvard, et aussi d’HEC ;
Mais ça n’y changeait rien : elle était vraiment conne.

Arpenteuse effrénée de chemins tout tracés,
Pétrie de propagande et de prêt-à-penser,
Cette conne exhibait sans jamais se lasser
Sa pensée formatée, sa vie standardisée :

Que ce soit sur Facebook, Twitter ou Instagram
(C’est là qu’elle passait l’essentiel de sa vie),
Chaque jour s’écoulait en une immense orgie
De vantardises idiotes et d’échanges sans âme ;

Elle s’y glorifiait de sa vie atypique :
De faire des voyages, et d’aimer la photo,
D’aimer les mojitos, et faire des restos,
Et de préférer vivre avec que sans musique.

Elle tenait aussi à ce qu’il soit bien clair
Qu’elle aimait le running, regarder des séries,
S’amuser entre amis, profiter de la vie :
En un mot, qu’elle avait une vie singulière

Et puis — accrochez-vous ! — un sacré caractère.
Ah oui, oh, ça alors ! Elle était souvent chiante !
C’est qu’elle était complexe et trop intelligente
Pour ce monde à son goût un peu trop terre à terre.

Mais elle avait choisi d’assumer pleinement
Ses côtés décalés qui dérangeaient parfois ;
Son slogan favori ? « Bref, voilà : je suis moi. »
Pas de doute : elle avait un gros tempérament.

C’est qu’elle avait appris dans Moutons-magazine
Comment être rebelle, insolente et mutine ;
Et elle était bien seule avec ses cents copines
A braver les suivismes et défier la routine ;

Pour échapper à un destin trop conformiste,
Elle suivait au mot les précieuses recettes,
Les conseils VIP et astuces secrètes
De La Redoute et de ses amies journalistes ;

Leurs idées de déco et alertes tendances
Lui permettaient de se forger un style unique
Et surtout de construire une vie authentique
En toute autonomie et toute indépendance.

Aussi nourrissait-elle un projet personnel :
Prendre le départ du marathon de New-York !!!!! :)
C’était une idée folle, insolite et baroque,
Un défi sans pareil, taillé juste pour elle ;

Ce challenge héroïque obsédait son esprit
Et elle ne serait vraiment épanouie
Qu’une fois accompli cet exploit inédit
Prouvé, comme il se doit, par d’émouvants selfies.

Les selfies, en effet, donnaient sens à sa vie ;
Sans selfie, c’est un fait : rien n’a grand intérêt ;
Ses cons d’ancêtres pour vivre heureux se cachaient ;
Pour elle, le bonheur se comptait en selfies :

Partout, à tout moment, en toutes circonstances,
Au travail, en soirée, et surtout en vacances,
La prise de selfies rythmait son existence ;
De tous ses faits et gestes elle offrait connaissance

A ses friends, followers, et autres vrais amis
Avec qui elle avait les liens les plus sincères,
Des échanges profonds et des intentions claires ;
Tous ces gens recevaient des torrents de selfies

D’elle en doudoune orange, ou bien à moitié nue,
Sur une planche à voile, en short de randonnée,
Et même sous la mer, en tenue de plongée
Car sa devise était : « Ni vu, ni reconnu » ;

A Rome elle s’était bombardée de selfies
D’elle avec une glace, avec une pizza
Et puis plein d’autres encore avec La Pieta
Ou face au Panthéon, qui rend bien en selfie.

Les églises, à vrai dire, étaient cool en selfie
(Ce qui n’enlevait rien à l’horreur catholique)
Et Michel-Ange était méga selfigénique :
La chapelle Sixtine ? Paradis des selfies !

On le voit, ses voyages étaient évasion,
Fuite de son nombril, attention à autrui,
Agilité, souplesse, ouverture d’esprit ;
Par eux, elle atteignait de nouveaux horizons

Lointains comme le bout de sa perche à selfies.
Riche de ses vacances intenses et fécondes,
Elle se proclamait citoyenne du monde,
Brasseuse de cultures, humaniste accomplie ;

Un séjour enchanteur à Phuket, en Thaïlande,
(Top mix de tradition et de modernité)
L’avait ouverte à la spiritualité :
A l’art de présenter à Bouddha des offrandes.

Elle avait donc un temps essayé le boudhisme
— Ca avait carrément boosté son optimisme —
Mais depuis qu’elle avait découvert les Aztèques
Et percé les secrets des quatre accords toltèques,

Elle avait pénétré une autre dimension :
Elle était devenue douceur et compassion,
Bienveillance absolue, amour sans condition
(Sauf, bien sûr, pour les électeurs nauséabonds

Et tous les salauds qui n’ont pas ses opinions).
Les sagesses aztèques l’avaient rendue plus zen ;
Elle n’éprouvait plus ni anxiété ni haine
(Sauf, bien sûr, en cas de déstabilisation) ;

Les préceptes toltèques lui avaient enseigné
A ne pas se juger pour mieux s’accepter,
A être spontanée pour mieux positiver,
Et à vraiment kiffer pour être plus reliée ;

C’étaient, concrètement, des boosters de confiance
Qui donnaient le sourire et rendaient optimiste :
En chassant à jamais les idées sombres et tristes,
Ils montraient le chemin de l’autobienveillance.

Chaque matin, donc, elle égrenait pieusement
Des sagesses aztèques les dix commandements :
Poursuivre un objectif, aimer son maintenant,
Accepter ses défauts, voir les choses autrement,

Etre dans l’optimisme et dans la gratitude,
Dire souvent « Merci », être dans l’ouverture,
Sans oublier de rendre hommage à la nature
Et d’avoir toujours la positive attitude :

C’étaient là les secrets de l’estime de soi
Pour être enfin soi-même et surkiffer sa vie,
Pour aimer son présent et vivre en mode happy
Avec la conviction d’avoir trouvé sa voie.

Sa voie, précisément, elle l’avait trouvée,
Après avoir tenté dix reconversions
D’où avait émergé sa vraie vocation :
Elle était faite, au fond, pour aider et aimer :

Elle était devenue professeur-e de bonheur,
Coach en bonheur de vivre, experte en lâcher prise,
Conseillère en bien-être, pour cadres en entreprise
Pour le modique prix de mille euros de l’heure.

Sur son site internet, généreuse, elle offrait
Un pack de dix conseils en coaching créatif :
« L’art de toujours sourire et penser positif »
Réglable par CB en une fois sans frais.

Reconnue spécialiste en créativité,
Elle organisait des master-class de bonheur
Fourmillant de conseils pour vivre à cent-à-l’heure ;
Pour quatre-mille euros, c’était presque donné.

Elle proposait aussi un forfait à l’année
D’ateliers d’écriture pour mieux se retrouver
Et faire chanter en soi l’enfant qu’on a été.
Via un pote éditeur elle avait publié

Un livre de bien-être et de philosophie
Nommé « 3 kifs par jour : le secret du bonheur »
Qui était devenu très vite un best-seller :
Il expliquait pourquoi, comment kiffer la vie.

C’était un bouquin gai, frais, pêchu et joyeux
Bourré d’astuces et de conseils scientifiques
Pour mieux identifier nos qualités uniques
Et trouver notre place ; en un mot, être heureux.

Ce livre indispensable offrait à ses élèves
Un regard nouveau sur la condition humaine :
Il suffit, au fond, de décider d’être zen
Pour transformer sa vie et conquérir ses rêves.

Ainsi étaient réglés pour moins de vingt euros
L’ensemble des soucis de l’existence humaine.
Se faire 3 kifs par jour et se décréter zen :
Là résidait la clef d’une vie sans accroc.

Elle était donc heureuse, aidée par les recettes
De ses ventes de livres et de ses ateliers
Zénitude, autokiff et créativité.
(Bien sûr, elle n’avait jamais l’argent en tête

Puisqu’elle travaillait pour le bonheur des gens :
Les rendre épanouis était son vrai salaire,
Leur prendre leur argent n’était qu’un corollaire :
S’enrichir est normal, quand on a du talent).

Femme active, elle avait un rythme exténuant :
Pour réduire son stress elle humait des agrumes
(C’est, elle l’avait lu, plein de bonnes molécules)
Et n’oubliait jamais de pratiquer le chant

(Ca booste, paraît-il, le taux de dopamine,
Hormone du bonheur favorable au sommeil).
Elle mangeait aussi le matin au réveil
Un bout de chocolat, riche en sérotonine :

Elle connaissait plein de trucs scientifiques
Dont l’application stricte épanouit les hommes :
Grignoter des noisettes (c’est riche en magnésium)
Saluer le soleil (ça chasse le tragique)

Sourire, même en forçant (quitte à avoir l’air conne)
Manger des sucres lents (ça maintient l’énergie)
Et puis surtout se faire un maximum d’amis
(Car le contact humain stimule plein d'hormones) ;

Pour les gens exigeants, lire Anna Gavalda
(Ses livres rendent heureux, bien que certes un peu denses)
Ou le dernier Musso, qui redonne confiance ;
Un Marc Levy, non plus, ne se refuse pas.

Elle estimait aussi — c’était peu contestable —
Qu’il fallait pour avoir un mode de vie pur
Se relier au cosmos et à Mère Nature
Et aller vers un monde écolo et durable :

Sur son balcon de poche, elle avait installé
Un espace nature et biodiversité :
Plantes aromatiques, florales et potagères,
Bref, un vrai paradis pour les coléoptères ;

Offrant gîte et couvert aux insectes alliés,
Son balcon attirait de jolis papillons
Et accueillait aussi abeilles et bourdons
Dans un mix enivrant de biodiversité.

Sa prairie de balcon la comblait de bienfaits :
En plus de sa beauté singulière et subtile,
Elle se révélait étonnamment fertile.
Il faut dire qu’elle avait la main verte : en effet,

Grâce aux enseignements de la permaculture
— Respectueux des hommes et de Mère Nature —
Elle était devenue presque autosuffisante,
Couvrant tous ses besoins en basilic et menthe ;

Elle était, c’est un fait, tout sauf une amatrice :
Produisant son compost en silo et en tas,
Cuisant son quinoa, son tapioca, son chia,
Elle était, c’est un fait, une cultivatrice,

Membre du groupe Insta des new urban farmers,
Experte en écogestes et écocitoyenne,
Grande amie des insectes et de l’écosystème.
Amie des hommes, moins : elle avait en horreur

Ces phallocrates idiots, misogynes et machistes,
Leurs guerres vaines et sottes, leur éternel racisme,
Leur orgueil incurable et leur phallocentrisme,
Leur esprit saturé de préjugés sexistes :

Il était temps que cesse la domination
Du mâle, esprit obtus pourvoyeur de malheur
Et qu’adviennent enfin la paix et la douceur
Des femmes, parangons de modération,

Ces êtres sans malice et sans méchanceté
N’exprimant jamais ni aigreur ni hystérie
Et qu’on n’a jamais vues hargneuses ou en furie ;
Ces modèles de calme et de sérénité :

Une fois le pouvoir pris par le féminisme,
Il répandra son sens exquis de la nuance,
Et sa fraternité et puis sa tolérance :
C’en sera bien fini de tous les despotismes.

En attendant ces temps de justice et d’amour
Elle cherchait pour elle un homme avant-gardiste,
Un amant paritaire, un mari féministe,
Qui saurait la séduire sans lui faire la cour :

Un homme transparent, sincère et spontané,
Qui vivrait avec elle une relation vraie,
Lui dirait tout et ne lui mentirait jamais ;
Un homme honnête et vrai, plein d’authenticité,

Et qui la draguerait, mais sans trop insister,
La complimenterait, sans la baratiner,
L’inviterait partout sans arrière-pensée,
Lui paierait des week-ends sans vouloir la baiser

Et qui l’écouterait sans jamais s’ennuyer,
Et qui l’approuverait sans rien lui objecter
Bien que libre, bien sûr, de parler, d’échanger :
« La spontanéité, disait-elle, c’est la clef. »

Un hétéro, oui, mais sans les travers du mâle
Qui ferait la vaisselle puis irait se coucher
Et qui n’insisterait jamais pour l’embrasser
(Car ce comportement mène au viol conjugal).

Elle voulait qu’il soit soumis mais pas galant
(Car la galanterie est un machisme doux
Qui met l’homme au-dessus et la femme en dessous :
C’est une forme de sexisme bienveillant).

Elle voulait qu’il soit un homme connecté
Heureux dans son époque, en phase avec son temps,
Tourné vers l’avenir, ouvert au changement,
Et donc très engagé pour plus d’égalité

Entre les sexes — enfin, plutôt entre les genres.
Sa vie tournerait donc autour de trois idées :
Parité, mixité, congés paternité,
Sous l’éclairage de la théorie du genre.

Ancré dans son époque, il n’ignorerait pas
Le suprême secret des couples romantiques :
Le partage intégral des tâches domestiques ;
De cet enjeu majeur, il ferait son combat

Car il aurait compris ce qu’une femme attend :
Attiser son désir en sortant la poubelle ;
La rendre ivre d’amour en faisant la vaisselle ;
Passer l’aspirateur pour se rendre envoûtant

Et récurer les chiottes pour se rendre excitant :
Son immense expertise en tâches ménagères
Raviverait son goût des plaisirs du derrière ;
Son sens du rangement le rendrait enivrant.

C’était là le portrait de l’homme de ses rêves :
Pas un prince charmant, un homme d’intérieur :
Ainsi se résumait sa quête du bonheur.
Hélas, elle cherchait, cherchait, cherchait sans trêve

Mais cet homme idéal tardait à prendre corps :
Pas un qui penserait comme elle, comme un double
Que sortir les poubelles est le ciment du couple.
Alors, elle cherchait, cherchait, cherchait encore

N’envisageant jamais qu’on ait pu l’abuser,
Lui raconter des fables ou la manipuler
Ni lui vendre des rêves en carton, en papier,
La bercer d’illusions pour mieux l’aliéner.

Non : elle se croyait libre et émancipée
En bouffant, inlassable, à tous les râteliers ;
Elle s’imaginait douée d’une vraie pensée
Tout en ne récitant qu’un magma de clichés.

Surtout, elle croyait prendre sa vie en main
Mais avait renoncé à tout esprit critique ;
Elle se soumettait à l’Ordre médiatique
Et elle appelait ça se construire un destin.

Approbatrice née, ignorante et docile,
Elle était de son temps la suiviste hébétée ;
Esprit domestiqué, dressé, embrigadé,
Elle était du Moderne un soldat bien servile

Assénant fièrement ses certitudes d’inculte
Imposant sans trembler ses délires utopistes.
Fière dévote de l’Eglise progressiste,
Elle ne pensait pas : elle rendait un culte

A tout ce qui portait l’étiquette « Progrès ».
Moulin à platitudes et à banalités,
N’ayant jamais produit d’authentique pensée,
Son intellect était celui d’un perroquet.

Elle était née ainsi, vouée à l’inertie,
A la vie de bovin, à la passivité ;
Sa destinée était de se faire duper
Et de tirer fierté de sa vie endormie.

Esclave consentante à tous les entubages,
Aveuglée, humiliée par tous les enfumages,
Sa volupté était de vivre en servitude
Et aux pires imposteurs de rendre gratitude.

Sa vie se poursuivrait ainsi, par inertie :
Jusqu’au bout elle irait où on veut la mener,
Le cerveau léthargique et l’âme évaporée,
Et finirait ainsi sa vie, par inertie.

lundi 30 octobre 2017

Féminihilisme

Le féminisme, en prétendant lutter contre la division des sexes, a attisé leur séparation.

Au nom de l'harmonie entre les sexes, le féminisme a progressivement instauré entre hommes et femmes un climat de défiance, qui culmine désormais dans une véritable haine.
Au nom de l'abolition de la différence des sexes, le féminisme a creusé un fossé entre les sexes.
Au nom de la parfaite égalité entre hommes et femmes, il a exacerbé leurs antagonismes.

Au nom de la paix, il a obtenu la guerre.

Mais c'est le propre des utopies égalitaristes, que d'aggraver ce qu'elles prétendent résorber ; c'est le propre des fantasmes infantiles d'indifférenciation, que d'engendrer la haine et le chaos.

En niant la complexité des rapports entre hommes et femmes, le féminisme en a détruit les subtils équilibres, et ouvert une voie royale à la vulgarité, à la fureur et à la bêtise. Il n'est pas sûr que la condition des femmes y ait gagné. Ni celle des hommes. Ni, en définitive, celle de l'humanité. 

samedi 21 octobre 2017

Réflexion

« Le journalisme est un métier où on passe la moitié de son temps à parler de ce qu'on ne connaît pas, et l'autre moitié à taire ce que l'on sait. »
Henri Béraud

Les médias n'ont qu'une seule fonction : faire diversion. Obnubiler l'opinion sur des non-sujets, pendant que les vrais dangers prospèrent à l'abri de toute critique. C'est le rôle qui leur a été assigné. Et qu'ils remplissent avec zèle. C'est faux ? C'est si vrai que Macron a été élu.
C'est si vrai que pour l'opinion, ce qui menace la France, au XXIème siècle, ce n'est pas l'islam, mais le nazisme.
C'est si vrai que l'opinion se scandalise que des actrices aussi riches en dollars que pauvres en talent aient dû coucher pour réussir et que le milieu du cinéma grouille de tyrans et de dépravés (ce qui est vraiment le scoop du siècle), mais pas qu'il y ait en France 230 viols par jour, et seulement 2% des violeurs condamnés... ni que 500 d'entre eux, après condamnation, n'aillent pas en prison (grâce aux lois Dati et Taubira). 
C'est si vrai que le hashtag auquel les médias donnent un écho vertigineux, c'est le très élégant #balancetonporc, et non #balancetonmagistrat, encore moins #balancetonpsychiatre. Il y aurait pourtant de sacrés dossiers à monter sur ces psychiatres et ces magistrats qui, inlassablement, font libérer des violeurs multirécidivistes pour qu'ils multirécidivent, encore et encore, et brisent la vie de milliers de femmes (lesquelles, certes, ont infiniment moins de valeur qu'Angelina Jolie ou Judith Gode-rêche, dans notre pays d'égalité et de fraternité). 


On pourrait multiplier les exemples à l'infini : à chaque fois que les médias s'emparent d'une thématique, c'est pour en occulter les dimensions essentielles, et délayer à l'infini ses aspects secondaires. Ils abordent tous les sujets sous un angle lyncheur ou voyeur, jamais sous un angle rationnel. Ce afin que tout, absolument tout, devienne parfaitement incompréhensible. Que le chaos mental vienne faire écran au chaos migratoire, sexuel, civilisationnel dans lequel s'enfonce l'Occident...
La falsification est leur métier. La dénaturation leur passion. A force de nous bombarder de  désinformations, ces valets du Mensonge nous ont rendus comme eux. Ils nous ont inoculé leur haine de la Vérité. Le seul problème étant que le Réel, lui, est indifférent à nos erreurs d'appréciation, et poursuit son chemin tambour battant... 

vendredi 18 août 2017

Prophétie



« Vous pensez que c’est vous qui désignez l’ennemi, comme tous les pacifistes. Du moment que nous ne voulons pas d’ennemi, nous n’en aurons pas, raisonnez-vous. Or c’est l’ennemi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles protestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez son ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera même de cultiver votre jardin. »
Julien Freund

« Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah. »
Coran, sourate 60, verset 4


Il y aura des enlèvements. Et des égorgements.

Il y aura des femmes, des enfants et des hommes qui disparaîtront. Certains à tout jamais. D’autres, dont on retrouvera plus tard le corps mutilé. Démembré, parfois. Souvent, décapité.

Régulièrement, des Françaises s’évaporeront. Elles finiront leur vie dans des harems. Des harems enclavés dans des « quartiers sensibles », localisés par les autorités, mais où celles-ci auront renoncé à intervenir. Pour ne pas risquer la vie de leurs forces d’intervention. Ni la moindre bavure. Pour ne pas jeter d’huile sur le feu.

Des centaines de femmes seront ainsi abandonnées à un sort atroce. Pour préserver la paix civile.

Quant au reste des Français, ils « vivront » comme des proies. Leur existence consistera à éviter des embuscades. Et, quand ils n'auront pas de chance, à se faire massacrer. Les attentats à la voiture piégée, les explosions dans les transports, les écrasements par camion-bélier, les coups de couteau surprise et les rafales de kalach’ en terrasse seront devenus leur univers routinier.

Le « pouvoir », lui, ne bougera pas. Il constatera. Il comptera les morts. Les rares fois où il sortira de son mutisme, ce sera pour exprimer sa vive émotion. Condamner fermement ces actes inadmissibles. Puis il retombera dans son apathie.

C’est qu’il aura depuis longtemps renoncé au monopole de la violence légitime. Tétanisé à l’idée d’aggraver la situation en s’interposant entre les bourreaux et leurs victimes, il regardera passivement ses citoyens se faire décimer.

Ses derniers lambeaux d’autorité ne lui serviront plus qu’à contrôler l’information. A verrouiller le débat public. A dissimuler autant que possible la réalité sur les viols, les assassinats, les attentats qui ravageront la France. Et intimider ceux qui voudront en parler. Et terroriser ceux qui entendront se défendre. Contre ceux-là — et uniquement contre ceux-là —, le pouvoir saura faire preuve de fermeté. Faible avec les forts, fort avec les faibles, il traquera sans relâche les derniers résistants. Il les poursuivra, les condamnera, leur liera les mains ; et brisera ainsi tout espoir de renaissance.

Le peuple français s’acheminera ainsi, dans l’hébétude et la désolation, vers son destin de soumission. Puis de disparition.

Ainsi s’achèveront 1 500 ans d’Histoire de France. Fondées sur un socle catholique. Ainsi commencera une nouvelle Histoire de France. Fondée sur un socle islamique. Une civilisation en remplacera une autre. Exit nos rois, nos saints, nos héros, nos artistes, notre Dieu ; exit le Moyen-Age, le gothique, la Renaissance et le baroque ; exit notre peinture, notre architecture, notre musique, notre pensée, notre humanisme. Notre nouveau modèle de civilisation s’appelle Qatar. Notre destin s’appelle Arabie saoudite.


Cette évocation de l’avenir de la France, certains la trouveront ridicule. Grotesque. Et, crime suprême, pessimiste.
C’est qu’on n’a pas idée, enfin, d’insulter l’avenir ! Que dis-je, l’Avenir ! Le Dieu Avenir ! Qui nous rendra toujours heureux ! Par le seul fait du temps qui passe !
Eh oui : figurez-vous que dans « l’esprit » de la plupart des néo-Occidentaux, le bonheur de l’humanité est proportionnel au temps qui passe. Plus le temps passe, plus l’humanité est heureuse. Fastoche, non, la condition humaine ?
Voilà pourquoi il est très mal vu, dans l’Occident 2.0, de penser que « C’était mieux avant ». Voilà pourquoi, en revanche, il est énormément conseillé de hurler en frétillant que « Ce sera mieux après ! ». Voilà pourquoi l’Avenir est toujours radieux ; voilà pourquoi il faut toujours voir la vie en rose ; et croire très fort en l’Avenir.
C’est là, en gros et en détail, la vision très complexe de la condition humaine qui régit la plupart des bipèdes occidentaux. Ces dévots de l’Avenir qualifient leurs ancêtres de « superstitieux » ; mais eux croient en l’action bienfaisante et miraculeuse du dieu Temps. Ces idolâtres du Moderne raillent le supposé « obscurantisme » et la prétendue « intolérance » de leur aînés : mais eux ne tolèrent aucune offense à leur Sainte Trinité Progrès-Modernité-Avenir.
Esprits dogmatiques par excellence, ils ne peuvent même pas concevoir qu’on doute du Progrès, de la Modernité ou de l’Avenir. Et traitent en véritables blasphémateurs ceux qui s’y aventurent.
Comprenons-les : dans leur esprit inondé de Lumières et de Raison, si les choses tournent mal, c’est uniquement parce que le dieu Avenir se venge des infidèles qui refusent de le célébrer. Si les événements ne nous apportent pas la félicité promise, c’est à cause de ces incrédules, de ces hommes de peu de foi qui refusent de consacrer au culte du Temps qui passe. Si l’Avenir n’est pas toujours radieux, c’est à cause de ces mécréants qui refusent de communier dans l’hommage au dieu Avenir.
Jacques Bainville, il y a un petit siècle, avait le malheur d’observer les premiers symptômes de cette pensée magique, qu’il résumait ainsi : « Les démocraties ont coutume de reprocher à ceux qui ont prévu les événements de les avoir causés. »
Depuis, les choses ne se sont pas améliorées ; le pessimiste est devenu le blasphémateur par excellence. Une créature littéralement démoniaque. Plus que jamais il importe, pour ne pas être excommunié de l’Eglise progressiste, de professer sa foi en l’action bénéfique du Temps qui passe. Plus que jamais il importe de réciter le credo très subtil des dévots de l’Avenir : « Ça va mieux qu’hier, et moins bien que demain ». Plus que jamais il importe de multiplier les incantations au dieu Avenir.
Un dieu sans contour, bien sûr — comme tout dieu qui se respecte. Un dieu flou, vaporeux, nébuleux. Un dieu invisible. Tellement invisible que ses fidèles ne peuvent rien en dire de plus précis que : « Il nous comblera de bienfaits. »

C’est un plaisir de fin gourmet d’observer ces disciples autoproclamés de la Raison se répandre en incantations superstitieuses. C’est un spectacle savoureux que celui de ces esprits prétendument cartésiens, mais en réalité incapables d’émettre et même tout simplement d’entendre un raisonnement articulé. C’est une rare volupté de contempler ces progressistes ébouriffés qui n’ont que «  l’Avenir » à la bouche, mais sont en vérité infoutus de se projeter plus loin que le prochain journal de 20h.
Englués dans l’instant, ces adeptes épatés du mouvement sont, en vérité, incapables de sentir le moindre mouvement. Ni de percevoir la moindre dynamique. Dénués d’instinct, et ignorant l’Histoire, ces déracinés incurables ne disposent pas des repères, des connaissances, de la structure intellectuelle qui leur permettraient d’inscrire les événements contemporains dans une perspective de long-terme. De discerner leur filiation passée, et d’envisager leurs prolongements futurs. Leur vision du monde se réduit en effet au commentaire médiatique des événements. Autant dire qu’elle n’est pas très riche… ni très subtile… Qu’elle ne se signale pas par une prise de recul excessive… Ni par un abondant croisement des sources…
Pour ces grands modestes qui s’imaginent, on ne sait trop pourquoi, plus intelligents que leurs ancêtres, les évènements qui se produisent devant leurs yeux n’ont ni passé, ni futur. Ni racines, ni branches. Ni causalité, ni finalité. Orphelins et sans descendance, les événements se succèdent comme ça, aléatoirement.

Ainsi, dans leur cerveau saturé de culture et de raison, les femmes voilées, c’est comme les Pokémon : aujourd’hui il y en a, demain il n’y en aura plus. Une fois l’effet de mode essoufflé, elles s’en iront comme ça, comme un pet. C’est que dans leur psychisme infantile — donc allergique au principe de réalité —, les femmes voilées n’ont pas plus d’épaisseur, pas plus de consistance, pas plus de densité historique que des Pokémon. Par conséquent leur apparition, puis leur multiplication en France et en Europe ne révèlent rien : elles n’ont pas lieu d’être interprétées.
La même pensée magique régit leur « analyse » des actes terroristes : à leurs yeux, ils ne recèlent pas davantage de signification que les épisodes d’une série-télé. Les événements horribles qui se multiplient en Europe sont aussi superficiels, aussi irréels qu’un contenu Netflix. Après ces épisodes éprouvants, viendront à n’en pas douter des épisodes plus tranquilles. Le scénariste a tout prévu.

Les Occidentaux, ces bébés dans des corps d’adultes, ont perdu tout contact avec le réel, et a fortiori avec le sens de l’Histoire. Donc du tragique. Tout leur est futile. Insignifiant. Dérisoire.

La dérision est d’ailleurs leur seul mode de relation au monde. Ce n’est pas étonnant : la dérision, c’est tout ce qui reste quand on a renoncé à la réflexion. Ainsi, quand on leur soumet un raisonnement structuré qui contredit les stéréotypes médiatiques, nos grands esprits rationnels et cultivés ne trouvent à objecter que des ricanements. Des ricanements, c’est-à-dire le tombeau des arguments. Des ricanements, c’est-à-dire l’abdication du raisonnement.
L’apparition des ricanements signale qu’on est sorti du terrain des idées, pour entrer dans celui de l’attaque personnelle. C’est l’impuissance à affronter la contradiction qui se venge. Le vide de la pensée qui essaie de sauver la face.
Les ricanements sont un cache-misère. Un cache-misère intellectuelle. Ils sont le masque de l’impuissance et de la haine jalouse.
Que les ricaneurs ricanent, donc. Qui sait peut-être, un jour, au lieu de ricanements, sortira-t-il de leur bouche des arguments. Peut-être, un jour, au lieu de sarcasmes, sortira-t-il de leur bouche des raisonnements. En attendant, ils n’apportent rien au débat : ils ne méritent pas une seule seconde d’attention.

Ceux qui veulent raisonner, eux, pourront éclairer les anticipations suggérées plus haut à la lumière d’événements de notre histoire récente... 
C’était il y a cinquante ans. Cinquante-cinq ans, pour être précis. Le président de la République, alors, ne s’appelait pas Jupiter ; il s’appelait seulement de Gaulle. Et il avait décidé d’en finir avec l’aventure française en Algérie, commencée en 1830 avec Charles X. De Gaulle avait en effet compris que l’entente à grande échelle entre musulmans et chrétiens était une utopie ; que s’il était évidemment possible que des individus musulmans s’entendissent avec des individus chrétiens, la cohabitation harmonieuse entre un peuple musulman et un peuple chrétien était impossible. « Les musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants. Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. » Fort de ce constat, solidement corroboré par l’Histoire (l’islam a beaucoup conquis et soumis ; mais il ne s’est jamais assimilé), de Gaulle décida de mettre un terme à la présence française en Algérie. Et il le fit de la manière la plus terrible qui soit. En effet les accords d’Evian, signés le 18 mars 1962 pour prétendument mettre fin à la guerre d’Algérie, ne tardèrent pas à apparaître pour ce qu’ils étaient : un acte de capitulation totale face aux islamistes.
C’est que de Gaulle tenait à solder l’affaire algérienne au plus vite. Aussi, pour écarter tout risque de reprise des hostilités, il adopta une position aussi simpliste qu’inhumaine : ne pas réagir aux agressions islamistes. Jamais. Et il s’y tint avec une détermination inflexible. Une dureté de cœur qui, même corrigée des circonstances atténuantes de la raison d’Etat, ne peut que révolter tout homme doué de sensibilité ; une dureté de cœur qui a suscité l’épisode le plus répugnant de l’histoire de France : il s’agissait, en en effet, de rien moins qu’un Etat abandonnant son peuple.
Des dizaines de milliers de Français furent ainsi livrés à la barbarie des djihadistes. Comme Roland Planté, garde champêtre à El Rahel : « le 20 juin 1962, à 6 heures du matin, quatre hommes du FLN se présentent à son domicile, le ligotent et le jettent dans une voiture. Il est amené au douar Amadoueh, où il reste une journée entière, un sac sur la tête et les mains ligotées par du fil de fer. Le lendemain, il est cravaché par la population musulmane qui l’amène dans une autre mechta où il est alors plus violemment frappé. Le surlendemain, il est frappé sans discontinuer par deux hommes et deux femmes dont une le brûle avec une cigarette. Il s’évanouit. » Libéré le 27 juillet (plus d’un mois après son enlèvement), « hagard » et « sérieusement ébranlé sur le plan de l’équilibre nerveux », le médecin qui l’examine observe de « nombreux traumatismes sur son corps (tronc, bras et tête) avec fractures multiples des côtes et du sternum. »
D’autres Européens sont « torturés soit par électricité, soit par noyade, soit par introduction de corps étrangers dans l’anus. » Des rapports médicaux décrivent des « fractures de la boîte crânienne, des lésions anorectales consécutives à un empalement, des fractures de la colonne vertébrale et autres sévices graves ». Le patient « M. Ziano est une vraie loque humaine, le corps couvert d’ecchymoses avec, aux poignets et aux chevilles, les traces profondes qui l’attachent à son lit. Il a été interrogé tous les soirs du 2 au 28 octobre […] L’examen rectoscopique a révélé des lésions importantes de l’anus et du rectum par corps étrangers plus ou moins électrifiés introduits par sadisme. J’ai eu à radiographier aussi : Falcone — fracture du crâne plus lésions rectales ; Sintès — fracture de la première vertèbre lombaire ; Tur — fracture des trois vertèbres DXII. Ces fractures s’expliquent par les coups donnés dans la position dite de l’estrapade [supplice consistant à pousser dans le vide, sans qu’elle touche le sol, une personne ayant les mains attachées derrière le dos et reliées à une corde] ».

Le gouvernement français couvre ces pratiques : Louis Joxe, dans un télégramme « très secret », écrit : « Je serais pour ma part hostile à une intervention quelconque de la Croix Rouge internationale dans tout ce qui concerne les arrestations et détentions d’Européens. »
D’innombrables malheureux sont ainsi torturés avec la complicité de l’Etat français, notamment dans des « locaux de torture dans une villa située chemin Laperlier, à El Biar, ainsi qu’au cinquième étage de la préfecture d’Alger », cinquième étage d’où M. Bordier, un Français, s’est « suicidé en se jetant par la fenêtre, pour échapper à son supplice. » Ce qui laisse imaginer le sadisme de ses bourreaux…
Un sadisme en effet sans limite : les islamistes n’hésitent pas à enlever des Français pour leur faire jouer le rôle de donneurs de sang. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le 21 avril 1962, des gendarmes d’Oran découvrent « quatre Européens entièrement dévêtus, la peau collée aux os et complètement vidés de leur sang. Ces personnes n’ont pas été égorgées, mais vidées de leur sang de manière chirurgicale. » Une note confidentielle du 25 mai 1962 révèle que « d’après un renseignement d’origine civil, l’adjudant Gagnaire et le sergent Torres, portés déserteurs à compter du 20 mai 1962, se trouveraient dans un hôpital FLN. Une quarantaine d’Européens seraient séquestrés au même endroit, jouant le rôle de donneurs de sang. »

Les Françaises, elles, connaissent un sort plus classique : elles sont violées. En toute impunité. Dès le lendemain des soi-disant « accords de paix », les « dépôts de plainte quotidiens sur tout le territoire d’Algérie » se multiplient. Et ils sont presque systématiquement classés sans suite. « Au soir du 13 septembre 1962, dans Alger centre, trois Européennes sont violées, portent plainte, désignent leurs violeurs qui ne sont pas inquiétés. » Le 8 novembre 1962, Amar Oucheur, accusé de viol et de tentative d’assassinat sur une Française à la fin octobre, est « remis en liberté sans suivi judiciaire. » Toute ressemblance avec la France de 2017 n’est pas fortuite…
Bientôt, ces viols prennent une dimension industrielle : les femmes sont enlevées, puis « livrées à la prostitution » ou « réduites en esclavage dans le Sud ». Elles sont envoyées dans les BMC (bordels militaires de campagne) algériens, également appelés « bordels du FLN ». Dans une communication classée « secret », un attaché militaire auprès de l’ambassade de France écrit : « D’après des renseignements récents, mademoiselle Claude PEREZ institutrice à Inkermann, enlevée le 23 avril 1962 par un élément du FLN, serait en ce moment dans un "Centre de repos" du FLN, situé au bord de la mer près de Tenes. Elle est détenue là avec deux autres captives enlevées à Dilian et à Orléansville. » Il évoque également le cas de « Mme Valadier, enlevée à Alger le 14 juin 1962 par le FLN, et retenue dans une maison close près de la basse casbah. »

Se conformant à la doctrine de de Gaulle, les autorités françaises ferment les yeux sur ces enlèvements suivis de tortures ou de viols. Elles savent précisément où se trouvent les lieux de séquestration, mais n’interviennent presque jamais : « Nous sommes impuissants, nous n’y pouvons rien, nous avons reçu l’ordre de les laisser faire. ». Et même quand des enlèvements se produisent devant leurs yeux, les militaires et gendarmes restent passifs. Ou assurent le strict minimum. Ainsi le 13 mai 1962 à Alger, « 5 fidaynes armés s’emparent de l’employé du cinéma le Rex qui se débat ». Une patrouille intervient : l’employé est relâché, mais « les cinq musulmans ont pu repartir sans ennuis » ! Le lendemain, l’employé du Rex est enlevé dans les mêmes conditions. Et cette fois, il disparaît bel et bien.
La même semaine, « à la hauteur du Monoprix de Belcourt, Félix Croce est enlevé par un groupe de musulmans sous les yeux d’une patrouille militaire des forces de l’ordre. Des civils européens, témoins de l’enlèvement, prennent à partie la patrouille en raison de son attitude passive. Le chef de patrouille répond "qu’en exécution des instructions reçues, il lui était impossible de s’opposer à de tels faits" ». Félix Croce sera fusillé le lendemain.

Bientôt, les enlèvements « ne seront plus effectués sur des individus, mais sur des familles entières ». Ainsi des « jeunes Jean-Paul Morio (15 ans), Jean Almeras (14 ans) et Gilbert Bousquet (15 ans), enlevés alors qu’ils faisaient du vélo » et dont « les cadavres seront retrouvés quelques jours plus tard dans un puits. »
Dans les semaines qui suivent le « cessez-le-feu », des dizaines de charniers seront découverts, contenant des corps de Français qu’« il ne fut plus possible de reconnaître tant les personnes étaient affreusement mutilées » ; certains avaient « été tués à l’arme blanche, les autres par balles et port[ai]ent des traces de coups dus à un acharnement sur leur corps ». Des Français suppliciés par des islamistes, avec le consentement de l’Etat français.


De Gaulle considérait la Première et la Seconde Guerres Mondiales comme une seule et même guerre, entrecoupée par une accalmie de vingt ans. De même, la guerre civile qui vient ne sera que la suite de la guerre d’Algérie, après une trêve de soixante ans. Trêve toute relative, d’ailleurs… de plus en plus bancale…
Soixante ans, soit deux générations : le temps pour les belligérants de franchir la Méditerranée ; de se reproduire ; de constituer leurs troupes. Lesquelles peuvent désormais compter sur le renfort inespéré de ce flux de « réfugiés » qui, à l’approche des côtes européennes, rugissent « Allah Akbar ». Probablement en signe d’amitié… et de volonté d’assimilation…
C’est dans ces « Allah Akbar », d’ailleurs, plus fondamentalement que dans la guerre d’Algérie, qu’il convient de chercher la généalogie des carnages qui vont bientôt ensanglanter le Vieux Continent — et dont les attentats des 24 derniers mois ne sont qu’un avant-goût. C’est dans l’allégeance à Allah que résident les causes de la guerre totale qui nous sera bientôt menée, et changera irrémédiablement la face de l’Europe. L’Europe, terre de mécréance ; l’Europe, terre à purifier : l’Europe, terre à islamiser.
La théologie islamique, en effet, développe une (di)vision du monde assez manichéenne (quoi qu’en disent les islamologues médiatiques, les escrocs appointés et autres bafouilleurs assermentés) : il y a d’un côté le Dar al-Islam, c’est-à-dire les territoires régis par l’islam ; et de l’autre le Dar al-Harb, c’est-à-dire « le territoire de la guerre ». Alternative stricte, sans compromis ni entre-deux : soit un territoire est islamisé, soit il faut y porter la guerre. C’est l’impératif du djihad. Auquel tout bon musulman doit se soumettre. Les experts en réécriture de l’Histoire pourront toujours débiter leurs mystifications : ils ne changeront rien au fait que même un philosophe « ouvert et tolérant » comme Averroès prônait une guerre sans pitié contre les mécréants. Les manipulateurs compulsifs pourront toujours multiplier leurs baratins pâteux : ils ne changeront rien au fait qu’Averroès ne faisait ainsi que suivre l’exemple de Mahomet, « l’homme parfait » que tout bon musulman doit imiter. Mahomet, chef de guerre impitoyable… Mahomet, l’antithèse de Jésus… C’est-à-dire l’anti-Christ

C’est donc le djihad qui va reprendre. Ce djihad dont la France vit depuis quarante ans un épisode de basse intensité ; ce djihad qu’ont déjà connu l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Autriche il y a quelques siècles ; ce djihad, qui est le dénominateur commun de toutes les guerres entre Europe et Orient depuis 1 400 ans.
La guerre d’Algérie elle-même ne fut qu’une déclinaison du djihad : il fallait expurger le sol islamique de la souillure des mécréants. C’est pour cela que les membres du FLN se qualifiaient de moudjahid. C’est pour cela que dès 1840, les Marocains s’associèrent au grand chef algérien Abd el-Kader pour combattre l’armée française. L’internationale musulmane — l’Oumma — sait faire l’union sacrée quand l’enjeu l’exige. Tout au moins l’Oumma sunnite. Une nouvelle internationale sunnite se reforme aujourd’hui, sous le haut patronage de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie ; internationale sunnite qui endoctrine les jeunes dans nos « zones de non-droit » (lesquelles sont en réalité des zones de droit islamique), attise leur esprit de sédition, et les prépare à la guerre…
« Toute guerre civile introduit l’étranger dans les affaires du pays. Quand une guerre civile a en outre un principe religieux, elle prend un caractère international » avait déjà analysé Jacques Bainville, à propos des guerres de religion qui ensanglantèrent la France et l’Europe aux XVIème et XVIIème siècles. Une période si lointaine, et si proche… si différente, et si ressemblante…
Comme alors, des contre-sociétés régies par un principe religieux et soutenues par l’étranger constellent la carte de la France, mais aussi de la Belgique, des Pays-Bas, de la Suède, du Royaume-Uni, des Balkans. Comme alors, un tentaculaire Etat dans l’Etat a pris naissance et prospéré, conforté dans ses velléités de sécession par les concessions incessantes des autorités. Comme alors, les conséquences du soulèvement de ces territoires perdus seront terribles. Le djihad de faible intensité que nous vivons depuis quarante ans — et qui a déjà fait disparaître les kouffars des « quartiers sensibles » — prendra des formes d’une brutalité qu’il nous est impossible d’imaginer, nous Occidentaux hébétés, crétinisés, ignorants de l’Histoire et de sa violence…
Pourtant, les présages funestes se multiplient ; mais nous refusons de les voir. Chaque mois nous montons d’un degré dans l’horreur ; mais nous fermons les yeux devant cette escalade. Nous ne voulons pas comprendre qu’elle préfigure les atrocités qui se multiplieront à une cadence infernale, quand le djihad repartira pour de bon. Le Bataclan, Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray, Magnanville, Londres, Manchester, Saint-Pétersbourg, Stockholm, Hambourg, Berlin, Bruxelles, Barcelone : ces massacres, concentrés sur moins de deux ans, nous voulons les oublier au plus vite. Ne surtout pas les déchiffrer. Pas davantage ne voulons-nous interpréter cette épidémie de chats torturés, de lapins égorgés dans les forêts, d’animaux de basse-cour du jardin éco-pédagogique de Roubaix retrouvés décapités… Nous ne voulons pas comprendre qu’il s’agit là d’entraînements… de perfectionnements du geste… avant de passer aux infidèles… Le déni nous va bien. Nous sommes bien aise de ne pas voir ce qui se passe, de ne pas entendre ce qui se dit dans les milliers de Molenbeek de France et d’Europe. Nous cultivons volontiers l’ignorance de la haine, de la force, de la détermination de nos ennemis…

On voit mal, dans ces conditions, ce qui pourrait empêcher l’extension à toute l’Europe du Dar al-islam. On voit mal, compte-tenu de l’aveuglement, de la lâcheté, de l’esprit de soumission frénétique que manifestent les peuples européens, qui se lèvera pour résister quand les poudrières islamistes exploseront. Qui, dans cette molle civilisation de morts-vivants, trouvera le souffle et la force pour s’opposer à la surabondance de vitalité des masses musulmanes. On voit mal, surtout, quand les Européens retrouveront la dignité de se défendre. Quel événement pourra créer l’électrochoc qui les sortira de leur torpeur.
Les développements récents laissent hélas peu d’espoir : en répondant à des kalachnikovs, des camions écraseurs et des poignards égorgeurs par des bougies et des nounours, les Européens ont clairement indiqué qu’ils ne feraient rien pour défendre leur civilisation. Qu’ils étaient prêts à subir. Que la voie était libre.
Cette (absence de) réaction est un appel très net à se faire écraser. Appel sans précédent dans l’histoire de l’humanité ; appel d’une civilisation sans âme, donc sans but ; appel d’une civilisation parvenue au bout de sa logique relativiste : sa propre disparition lui est égale. Avec une telle dissymétrie des « forces » en présence, l’issue du néo-djihad européen (qui ne sera, répétons-le, que le nouvel épisode d’un conflit vieux de 1 400 ans) fait peu de doutes.

Oh, je sais bien que les plus élégants représentants de notre haute civilisation m’objecteront que nous sommes majoritaires en Europe à vouloir profiter de la vie, boire des coups en terrasse, nous faire 3 kifs par jour, booster notre optimisme, cultiver les petits bonheurs de l’existence, retrouver notre âme d’enfant, marcher pieds nus dans le sable en chantant à tue-tête, nous reconnecter à la nature, trouver notre place dans le cosmos, être dans la gratitude et la bienveillance (sauf, bien sûr, envers ceux qui ne pensent pas comme nous), aimer notre maintenant, décider d’être zen, faire preuve de tolérance, trier nos déchets pour en faire du compost, devenir des porte-parole de la parité et de la biodiversité, et passer du statut de consommateur à celui  bien plus exaltant  de consom’acteur. Et que pour toutes ces excellentes raisons, nous ne disparaîtrons pas.
Ces esprits raffinés, témoins flamboyants de la grandeur de l’Occident contemporain, ignorent sans doute tout des dynamiques démographiques à l’œuvre sur le Vieux Continent, et singulièrement en France : immigration et natalité musulmanes massives. Et, quand ils en prennent connaissance, décrètent on ne sait trop pourquoi que les musulmans d’Europe sont et seront toujours « modérés ». Et, quand on leur demande de justifier cette affirmation, répondent simplement qu’ils font le pari de l’optimisme.
L’optimisme contre l’islamisme : nous voilà rassurés.
Voilà en tout cas leur démonstration. Voilà leur clairvoyance. Voilà leur niveau d’exigence intellectuelle.
On hésite à leur faire remarquer, à ces fiers champions de la laïcité, qu’ils avouent ainsi que la perspective d’une France qui, par le jeu de la démographie et de la démocratie, deviendrait un pays musulman, ne les dérange pas.
On ne sait pas non plus si on a une chance de leur faire entendre, à ces puits de culture que sont immanquablement les chantres de l’Optimisme (vous avez remarqué ?), que l’Histoire est faite par les minorités. Que ce ne sont pas les masses modérées qui font basculer l’Histoire, mais les minorités déterminées.
Que même armée de nounours, de bougies et de crayons vengeurs, une majorité ne peut pas grand chose face à une minorité armée de poignards et de kalachnikovs. Que le 13 novembre 2015, 7 djihadistes ont fait 130 morts et 413 blessés. Que le 14 juillet 2016, un djihadiste seul a fait 86 morts et 458 blessés. Que Lénine, à la tête d’un parti bolchevique ultra-minoritaire, a renversé un régime vieux de cinq-cents ans, imposé sa tyrannie à une population de 120 millions d’habitants, tyrannie qui a duré 70 ans, s’est étendue à tous les continents, — et se perpétue encore en Corée du Nord —, et a fait plus de 100 millions de morts. Lénine, en fin connaisseur de l’Histoire — notamment de la Révolution française — l’avait bien compris : « L’expérience m’a appris qu’un petit nombre de gens décidés peuvent faire basculer une situation. »

L’effet d’entraînement des minorités est un moteur essentiel de l’Histoire. Car « les plus enragés finissent toujours par entraîner les autres », ainsi que l’illustre Jean Héritier dans son lumineux ouvrage sur Catherine de Médicis. Il faut donc compter avec cet effet d’entraînement des fanatiques, si l’on veut correctement anticiper ce qui va se passer.
Cet effet d’entraînement, fulgurant et spectaculaire, qui sera le catalyseur de l’effet démographique, lent et souterrain, d’une immigration massive qui, en quarante ans, a déjà substantiellement modifié le visage de la France. Une immigration massive, donc non assimilée, qui a imprimé sa marque aux mœurs, à la vie des idées, à la liberté d’expression et de circulation du peuple français… et, plus encore, à son unité…
Les djihadistes — et non, selon l’arnaque sémantique consacrée, les « terroristes » — arrivent à point nommé pour donner un coup de fouet, c’est le cas de le dire, à cette subversion larvée de la civilisation française. Ils incarnent une nouvelle étape, parfaitement logique d’un point de vue historique, du glissement de la France dans une nouvelle aire culturelle. La démographie — immigration et natalité — a permis de constituer un socle de sympathisants, de militants et de combattants ; la phase armée accélérera et achèvera la soumission de la France à la loi d’Allah.
Bien sûr, cela ne se déroulera pas sans obstacle. Bien sûr, il y aura des réfractaires à la haine et à la violence. Bien sûr, des musulmans refuseront le djihad. Et choisiront la France. Il y eut les harkis d’Algérie ; il y aura les harkis de France. Mais il est hélas à craindre que ceux-ci ne connaissent pas un destin moins funeste que ceux-là…

Il faut être lucide, en effet : si de Gaulle, qui aimait la France, a abandonné ses citoyens les plus loyaux à un sort atroce, qui peut croire que nos dirigeants actuels, qui détestent la France, apporteront une quelconque protection à leurs citoyens ?
Si de Gaulle, « le premier des Français », s’est fait le complice objectif des islamistes du FLN, que sortira-t-il de la relation entre nos élites anti-françaises et les islamistes de nos banlieues ?
Si le 5 juillet 1962, apprenant que débutait à Oran un « massacre au faciès blanc », le général de Gaulle lança au général Katz cet ordre glaçant : « Surtout, ne bougez pas ! », livrant ainsi des milliers de Français sans défense à la barbarie des islamistes (alors que 18 000 soldats français étaient stationnés dans la ville), que croyez-vous qu’il se passera quand les Molenbeek français déverseront leurs combattants dans nos rues ? Quand les kalachnikov sortiront des caves et les poignards de leurs fourreaux, quel secours les « sans-dents », les « illettrés » et autres « gens qui ne sont rien » pourront-ils espérer de leurs dirigeants ? Qui peut croire que ces gens qui les méprisent les défendront, quand on sait que le premier des Français a laissé 70 000 harkis se faire écorcher vifs, émasculer, écarteler, découper en morceaux, plonger dans des marmites d’eau bouillante, leurs femmes se faire violer puis égorger, et leurs enfants se faire traîner dans des abattoirs pour finir pendus à des crocs de boucher ? Qui peut nous assurer que ces supplices ne recommenceront pas, quand on connaît la haine que nous vouent les islamistes, la connivence de nos élites, et la faiblesse de nos armées ? Déjà, des analogies apparaissent…
Ainsi le 13 novembre 2015, pendant que des innocents se faisaient émasculer, égorger, décapiter à l’intérieur du Bataclan (ainsi qu’en atteste un rapport parlementaire, source on ne peut plus officielle à laquelle, étrangement, nos journalistes avides d’informer n’ont pas jugé opportun de donner de l’écho), les militaires présents autour du site restèrent désespérément passifs : ils avaient reçu l’ordre de ne pas intervenir. Cet ordre n’est pas sans rappeler celui qui fut donné aux militaires après la signature des accords d’Evian, et qui livra des dizaines de milliers de Français aux appétits sanguinaires des islamistes. Abandon inouï dont témoigna ce jeune soldat qui, en 1962, voyant se précipiter vers sa caserne un groupe d’hommes, de femmes et d’enfants poursuivis par des islamistes, reçut l’ordre de laisser les grilles fermées. Et assista impuissant à leur égorgement. Juste devant ses yeux. « Depuis, je ne peux plus passer une nuit sans me réveiller en tremblant, avec les cris et les râles de ces pauvres gens dans les oreilles. » Abandon monstrueux, dont témoigna le pilote de l’hélicoptère du général Katz, le 5 juillet 1962 : « Nous survolons la ville, partout des gens qui fuyaient et des cortèges de bras en l’air, escortés par des ATO (auxiliaires de l’armée nationale populaire) ou des civils en armes. Nous avons survolé le Petit Lac, là aussi une foule compacte bras en l’air, des gens qu’on faisait entrer dans l’eau et qu’on abattait froidement. J’ai hurlé : “Mon général, on abat des gens, je vois l’eau qui devient rouge de sang”. Le général m’a répondu : “Retour à la base”. »

« La seule chance de salut pour les vaincus, c’est de n’en espérer aucun » a écrit Jean Héritier. Nous ne devons rien espérer de nos dirigeants : ils ne bougeront pas le petit doigt pour nous sauver. Au contraire : tous leurs actes depuis soixante-cinq ans dénotent une étonnante constance dans la haine de la France. Ils ont rejeté les harkis à la mer ; ils laissent entrer des centaines de milliers d’immigrés réguliers et clandestins. Ils ont accepté au compte-gouttes des hommes et des femmes qui avaient risqué leur vie pour servir la France ; ils ouvrent grand les vannes à des gens qui n’ont que « Nique la France » à la bouche. Pendant trente ans, les premiers furent parqués dans des camps insalubres ; les seconds sont gavés d’allocations. Interrogé sur l’accueil des harkis, Gaston Deferre, grand humaniste socialiste, lança : « Qu’ils aillent se réadapter ailleurs ! » Quant au général de Gaulle, à Peyrefitte qui lui exposait « le spectacle de ces rapatriés hagards, de ces enfants dont les yeux reflètent encore l’épouvante des violences auxquelles ils ont assisté, de ces vieilles personnes qui ont perdu leurs repères, de ces harkis agglomérés sous des tentes, qui restent hébétés… », il répondit : « N’essayez pas de m’apitoyer ! ». Aujourd’hui, pour héberger des gens qui hurlent « Allah Akbar ! », l’Etat français réquisitionne des hôtels. Ce même Etat français qui ferma les frontières aux harkis venant d’Algérie, et les ouvre aux djihadistes revenant de Syrie…

Certains verront dans ces comportements de spectaculaires contradictions ; ils procèdent en vérité d’une très grande cohérence. Une fois qu’on a démasqué la comédie patriotique de nos élites, et compris que leur authentique dessein était de détruire la France, ce qui semblait délirant devient logique. Il faut en effet cesser de déchiffrer les événements avec les sous-titres des médias (ce qui est un moyen assuré de ne rien y comprendre), mais au contraire les inscrire dans une dynamique de long-terme. Identifier leur généalogie ; comprendre que nos élites ne sont que les épigones, incultes et illettrés, des philosophes des « Lumières » ; que comme eux, ils n’ont au fond qu’un ennemi : le catholicisme. Donc la France, tant il est incontestable historiquement que le catholicisme est l’armature de la France.
Pour détruire cette armature, ces démons ont cru que la « laïcité » serait une arme suffisante. Tout homme qui connaît l’Histoire sait en effet que la laïcité ne vise pas la neutralité religieuse, mais la neutralisation du catholicisme.
Mais la laïcité a déçu leurs espoirs. En effet, même le plus athée des bobos conserve en lui une part de francité, donc de catholicité. Même notre misérable civilisation, que nous avons encore le culot d’appeler civilisation occidentale, entretient un lien avec ses soubassements catholiques. Un lien ténu, certes, mais que la laïcité s’avère impuissante à trancher.
Cela, nos élites diaboliques l’ont compris. Ou du moins, elles le sentent. Elles sentent que la laïcité n’est pas l’arme adaptée ; que malgré ses indéniables succès, elle ne peut aller au bout de sa mission d’extermination du catholicisme. Il faut donc recourir à une arme plus radicale. L’islam fera l’affaire.
La vérité, en effet, est que seule une religion peut abolir une religion. C’est donc à l’islam qu’il revient d’extirper le catholicisme de la France. D’en effacer les dernières traces. C’est à l’islam qu’il revient de rendre la France parfaitement méconnaissable. De la faire changer de continent. Travail sur le temps long, se rassureront certains ; travail qui est cependant en bonne voie ; et déjà achevé en de nombreux endroits.

Aspiré par le vide spirituel de l’Occident, l’islam se répand à une vitesse vertigineuse. En seulement quarante ans, il a déjà conquis de très nombreux bastions. Et ses perspectives d’avenir s’annoncent excellentes : l’autoroute migratoire mise en place par nos élites convoie chaque année des flux de plus en plus denses. Chaque année, des millions de musulmans arrivent en Europe, et y trouvent une civilisation-fantôme. Une civilisation sans âme, sans vitalité, sans souffle car sans foi. Une civilisation terne, stérile, sans grandeur car sans Dieu. Alors ils y mettent leur souffle, leur foi, leur dieu. Comment leur en vouloir ?
Comment leur reprocher de préférer leurs racines historiques à notre errance consumériste ? Leur spiritualité à notre crétinisme ? Comment leur reprocher de préférer Allah à Cyril Hanouna ? Le Coran à BHL ? Mahomet à Christine Angot ? Comment leur reprocher de préférer leurs héros à nos guignols ?

Ce ne sont pas les djihadistes qui nous tueront : c’est nous qui nous sommes suicidés. Ce n’est pas eux qui nous balaieront : c’est nous qui nous sommes déracinés. Il y a deux siècles. En tranchant le lien vital que nous entretenions avec le catholicisme. Depuis, notre civilisation n’a tenu debout que par la sève résiduelle du catholicisme. Mais celle-ci vient maintenant à manquer…

Peut-être, un jour, devant l’étendue du désastre, nous demanderons-nous comment nous avons pu en arriver là. Comment la plus haute civilisation qu’ait jamais portée cette planète a pu devenir aussi piteuse. Aussi vulgaire. Aussi stérile. Comment elle a pu s’effondrer aussi vite.
Peut-être, alors, comprendrons-nous que la grandeur de notre civilisation était consubstantielle au catholicisme ; que notre mépris pour le catholicisme n’était au fond qu’un mépris de soi. Que notre haine pour la religion qui nous a fait était une haine de nous-mêmes.
Peut-être, alors, comprendrons-nous que pour enrayer la progression de l’islam, il eût fallu non pas invoquer les valeurs républicaines, ni la citoyenneté, ni les droits de l’homme, ni poser des nounours et des bougies sur des trottoirs, ni gueuler « Vous n’aurez pas ma haine » à des gens qui tuaient nos enfants.
Il eût fallu retrouver notre armature. Faire rebattre le cœur de notre civilisation. C’est-à-dire réhabiliter le catholicisme. Démonter les stéréotypes odieux dont il est victime. Et montrer les splendeurs qu’il a engendrées. Rappeler que Rome n’est pas seulement la capitale de la beauté, mais aussi celle du catholicisme ; et que ce n’est pas le fruit du hasard. Faire remarquer que Florence, Venise, Vienne, Prague sont les traductions architecturales du catholicisme. Exalter les génies qui se sont épanouis par et pour le catholicisme ; évoquer le tourbillon de peintures, de cathédrales, d’églises, de chapelles, de pensées, de livres, de mélodies bouleversantes que cette religion a suscité. Oui, il eût fallu faire connaître le catholicisme, loin des clichés grotesques et des caricatures infectes qui courent sur lui. Non pas pour devenir un peuple de culs-bénits ; mais pour ne pas tout à fait disparaître. Non pas pour devenir une théocratie ; mais pour sauver notre âme. Pour retrouver notre âme. Pour nous raccrocher à nos racines, et ne pas être balayés par la tempête qui vient…

Bien sûr, ce scénario salvateur est purement fictif : le catholicisme est trop lourdement discrédité pour que l’Occident redécouvre sa grandeur. Des décennies de propagande, de bombardement incessant de prêt-à-penser anticatholique ont porté leurs fruits : dans « l’esprit » de l’Occidental 2.0, catholicisme signifie pédophilie, guerre sainte, inquisition, intolérance, obscurantisme et ignorance (de son propre obscurantisme et de sa propre ignorance, le néo-Occidental n’a en revanche pas la moindre idée). A contrario, toutes les abominations commises au nom de l’islam sont accueillies par la formule rituelle : « Ce n’est pas ça, l’islam. » Ou encore « Ca n’a rien à avoir avec l’islam. » L’Occidental 2.0 est donc prêt. Orienté dans le bon sens. Haineux de son passé catholique, et prosterné devant son futur islamique. Conjuguées à l’immigration musulmane massive et à la force des armes, ces prédispositions vont hâter la fuite du passé ô combien exécrable de l’Occident, et l’avènement de son futur ô combien désirable…


La nouvelle religion de l'Occident est en marche. Elle avance, à pas de géants. En seulement quarante ans, nos nouveaux maîtres — Qatar, Arabie saoudite, Turquie, Maroc, Algérie — se sont solidement implantés sur le Vieux Continent, et ont sensiblement changé son visage. Accomplie en de nombreux endroits, l’uniformisation islamique de l’Europe n’est plus qu’une question de temps. Et de sang.
Et le moment approche où, paraphrasant Louis XIV, notre nouveau calife pourra proclamer : « Il n’y a plus de Méditerranée. »


La plupart des faits relatifs à la guerre d'Algérie évoqués dans ce texte sont tirés du livre de Jean-Jacques Jordi "Un silence d'Etat".