samedi 22 août 2015

Le courage de Charlie



21 août 2015. Un homme ouvre le feu dans un Thalys. Le coupable — pardon, l’innocent présumé — est un Marocain ayant eu des relations avec des filières terroristes islamistes. Il était récemment revenu d’un séjour en Syrie (du camping sans doute), et faisait l’objet d’une fiche de signalement pour cause de radicalisation. Ses motivations demeurent mystérieuses, d'après nos médias pour qui l'information est une vocation.
Mystérieuses, c’est le mot que je cherchais. Une véritable énigme, en effet. L’énigme du siècle. Sherlock Holmes s’en arracherait les cheveux. Scotland Yard et le FBI ont d’ailleurs mis leurs effectifs en commun ; ils ne seront pas de trop pour résoudre cette énigme. Heureusement, ils pourront solliciter l’homme de la situation, l’homme au flair légendaire, l'homme héroïque qui rassure toute la France par sa lucidité et son courage à nommer les choses : notre ministre de l’intérieur constipé Bernard Casevide. En attendant les conclusions de cet oracle, le suspense est à son paroxysme. Dans cet océan de perplexité, une certitude, cependant : cela n’a rien à voir avec l’islam.

samedi 15 août 2015

L’antifascisme en une minute



« La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature »
Noam Chomsky

« Donnez aux journaux la directive de commencer dès demain à couvrir d'injures nos opposants, à les ridiculiser par tous les moyens »
Lénine




« Le Front national est un parti fasciste qui capitalise sur la haine de l'Autre. »
« Le Front national est en dehors des limites du pacte républicain. »
« Le Front national est un parti dont les idées portent atteinte à la démocratie et aux valeurs républicaines. »
« L’antisémitisme et le racisme sont le ciment du Front national. »
« Marine Le Pen fait la campagne d’Hitler. »

Et la République est en danger. Et la Démocratie menacée. Et il est urgent d’entrer en Résistance. Saint Hessel priez pour nous.
Depuis trente ans, toujours les mêmes incantations glapissantes, jamais d'explications. Toujours les mêmes affirmations péremptoires, jamais de preuves.
Et ne demandez pas d'explications à ce charabia spongieux, sinon c'est que vous êtes vous-même fasciste.

Nos Jean Moulin en carton feraient bien de s'aviser que l'essence du fascisme, c'est précisément le refus de la discussion au profit des injonctions. La substitution des slogans aux explications, des réflexes à la réflexion. Le choix de l'intimidation au détriment de l'argumentation. Le recours non pas aux arguments, mais aux hurlements pour combattre les opinions divergentes.

Nos résistants de salon apprendront également que Staline, docteur ès goulag, préconisait de traiter son adversaire de fasciste pour le disqualifier, le salir (autrement dit, le diaboliser...) et s’épargner ainsi une discussion argumentée. D’investir le terrain de la condamnation morale pour éviter d’être entraîné sur celui, bien plus glissant, des arguments et des faits. De substituer la calomnie à l’affrontement loyal. Grand classique : quand on n’a rien à opposer à la contradiction, on s’en prend au contradicteur…

Enfin, ces idiots utiles, ces dupes de toutes les impostures se souviendront des paroles du coton tige Lionel Jospin (une fois retiré des affaires — pas fou l’animal) : « Avec le Front national, nous n’avons jamais été dans une situation de menace fasciste, et même pas face à un parti fasciste. Tout antifascisme n’était que du théâtre » .

Autrement dit, la très originale, très courageuse et très tolérante haine du F-Haine agit comme un efficace révélateur de conformisme. Un signe incontestable de crédulité. Elle traduit une naïveté sans borne, une extraordinaire paresse de l’esprit, un renoncement total à exercer son discernement, son intelligence, ses plus élémentaires capacités d’observation. Quand on s’approche du bétail à propagande, qu’on écoute un des ces innombrables moutons, pétri de ses certitudes d’ignorant, réciter son catéchisme antifasciste en bêlant docilement — sans jamais argumenter, et pour cause — contre le danger fasciste, le retour de la bête immonde et la démocratie en danger, on peut être sûr d’avoir affaire à quelqu’un dont l’esprit critique n’est plus fonctionnel. Quelqu’un qui a abdiqué toute lucidité, toute capacité à examiner les discours qu’on lui soumet, toute exigence d’honnêteté intellectuelle. Quelqu’un dont le sens de la vérité a été anéanti par des décennies de conditionnement, d’endoctrinement, de formatage idéologique. Un esclave des médias, manipulable à souhait, consentant à tous les enfumages, à toutes les désinformations. Un complice objectif du totalitarisme idéologique qui répand ses ravages depuis trois décennies, et occulte la préparation sur notre sol d’une tragédie sans précédent.
Ne pas être dupe, donc, de l’escroquerie sémantique consistant à nommer une chose par son contraire — spécialité typique des totalitarismes : le prétendu « antifascisme » est en vérité la forme la plus achevée de fascisme observable à ce jour. Il en a les méthodes (désinformation, propagande, dressage idéologique), le sectarisme, l’intolérance hystérique, le goût immodéré des slogans et la haine du débat, le traitement des contradicteurs par l’intimidation et la calomnie, et la connivence avec les franges les plus barbares de la population. L’antifascisme est aujourd’hui le déguisement que prend  la complaisance pour les plus noirs desseins de destruction de la France. Il est la parure avantageuse dans laquelle se drape l’esprit de soumission et de collaboration. Mais cette imposture va finir. L’éclaircissement sémantique est en cours. Les yeux se dessillent. Les masques tombent. Les charlatans de l’humanisme font de moins en moins recette. Bientôt, ils raseront les murs. Car le temps n’est plus loin où tout le monde comprendra enfin qu’« antifasciste » signifie « collabo ».