lundi 2 janvier 2017

Le mirage Fillon





« Disons le clairement : c’est un leurre et une démagogie sans nom que de prétendre rétablir les frontières nationales. »
François Fillon

« Je suis perplexe quand j’entends qu’on voudrait interdire le voile à l’université, parce que j’y vois une atteinte à la liberté individuelle. »
François Fillon

« Le sujet des effectifs de police qui alimente régulièrement les polémiques est en réalité un sujet marginal. »
François Fillon

« Le lien entre politique migratoire et attentats n’a jamais été établi. »
Benoît Disparu, porte-parole de campagne de François Fillon


« Pour servir les idéaux et les intérêts de la gauche, la droite est l’instrument idéal. »
Eric Zemmour
 

 Les experts sont de retour. Plus frétillants que jamais. Après la taloche du Brexit, la rouste du référendum italien, la raclée Donald Trump, les revoici, toujours aussi épatés d’eux-mêmes. Le cul encore douloureux de leurs dernières fessées, les voilà qui de nouveau gigotent, bondissent, s’agitent frénétiquement. « Moi je sais, moi je sais ! Interrogez-moi ! » réclament-ils tout fiévreux, avides d’étaler une fois de plus leur immense savoir et leurs extraordinaires dons de prémonition. Les féroces déculottées qu’ils viennent d’essuyer ne leur ont pas enseigné la modestie, encore moins la prudence. Bien au contraire : tout se passe comme si les désaveux systématiques que le réel inflige à leurs analyses drolatiques les confortaient dans leur conviction d’être très subtils. Comme si l’accumulation des preuves de leur cécité renforçait leur certitude de voir juste et loin. De plus en plus ivres d’eux-mêmes à mesure que les faits ridiculisent leurs bavardages oiseux, et avec un aplomb qui force l’admiration, ils nous ont ainsi récemment livré leurs doctes analyses, leurs si précieux points de vue d’experts sur le numéro de cirque baptisé « primaire de la droite ». « Grand moment de démocratie », pâmèrent-ils. « Plébiscite de François Fillon », s’extasièrent-ils. « Le retour de la vraie droite » jubilèrent-ils. « De la droite de conviction » ajoutèrent-ils dans des spasmes orgasmiques.

Ainsi péroraient-ils à propos d’une élection qui a mobilisé 10% du corps électoral. Ce qui signifie que 9 électeurs sur 10 sont restés chez eux. 90% d’abstention ; un « grand moment de démocratie », donc. Organisé par un parti qui, lorsqu’il fut aux affaires, non seulement n’organisa aucun référendum, mais annula le résultat du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, empêcha la tenue d’un référendum en Grèce, et supprima l’obligation de soumettre à référendum toute nouvelle étape d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Bref, un parti dont le quinquennat fut riche en grands moments de démocratie, pour parler comme nos experts en antiphrases.
Mais ne digressons pas, et revenons à notre bien nommée primaire. Sur les 10% d’électeurs qui n’avaient rien trouvé de mieux, pour tuer leur dimanche, que de faire le piquet pendant deux heures pour indiquer leur préférence entre la peste et le choléra — entre deux ex-Premiers ministres aux bilans tous deux tragiquement désastreux —  66% ont en effet décidé que François Fillon était le moins toxique. Autrement dit, François Fillon a remporté les suffrages de… 6,6% du corps électoral. C’est ce que nos experts appellent un « plébiscite ». Manifestement, ils ne sont pas encore experts du petit Robert.
De ce « plébiscite massif », nos pompeux spécialistes — les mêmes qui annonçaient la prospérité par l’euro, l’apocalypse en cas de Brexit et la victoire inéluctable d’Hillary Clinton (« c’est mathématique ») — croient pouvoir extrapoler une victoire écrasante de François Fillon à la présidentielle de mai prochain. Ainsi, selon ces sachants, les 10% de maniaques qui se sont passionnés pour l’affrontement entre un destructeur de la France et un fossoyeur de la France, ces 10% d’amnésiques (ou de francophobes, et en tout cas de complices objectifs du naufrage français) constituent un échantillon représentatif de la population française, comme on dit dans le sabir sondagier. Eclairons donc cette hypothèse à la lumière de la sociologie électorale. En l’occurrence, il serait plus approprié de parler de sosiologie, tant ces 10% d’électeurs se ressemblent. C’est en effet une frange très particulière du corps électoral qui s’est déplacée en ce dimanche historique : l’élite électorale. Une catégorie parfaitement uniformisée. Indifférenciée. Qui relève d’un seul et même profil sociologique : celui des retraités aisés. Retraités de naissance, et retraités de papier. Jeunes rentiers, et vieux rentiers de la mondialisation sauvage. Petits bourgeois, dans les deux cas. Nés quand et où il fallait : bien intégrés dans l’économie-monde. Du bon côté du manche, comme on dit trivialement. Epargnés par, et indifférents au saccage social engendré par le libre-échange sans frontières et la concurrence libre et non faussée. Réclamant donc encore davantage de libéralisation  et de flexibilité — sans réaliser l’inutilité et la cruauté de ces tentatives d’alignement sur le moins-disant social, tant il est vrai qu’aucune simplification du Code du travail, aucun assouplissement des conditions d’embauche et de licenciement, aucune diminution du coût du travail ne nous rendra aussi compétitifs que des enfants du Bangladesh travaillant 70 heures par semaine pour 50 euros mensuels — du moins faut-il l’espérer…
Plus précisément, une bonne moitié de ces 10% d’idiots utiles de l’esclavagisme mondialisé étaient des retraités de papier. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que les retraités administratifs constituent le socle électoral de l’UMP (45% des électeurs de l’UMP ont plus de 65 ans, trop peu de gens le savent). L’autre moitié de ces 10% de cœurs secs était constituée pour l’essentiel de retraités de naissance. Des petits morveux bien lisses, bien formatés, bien dressés pour approuver l’infâme modèle économique et social qui nous régit depuis trente ans ; cette mondialisation heureuse dont ils sont les seuls à profiter, tandis que l’immense majorité du peuple vit le cauchemar infernal de la mondialisation hideuse. Engourdis dans leur confort matériel et intellectuel, et obsédés par leur respectabilité, ces archétypes de  conformisme, de tiédeur et de lâcheté se revendiquent, pour une large part, « catholiques ». Personnellement, j’ai du mal à comprendre que des « catholiques », « attachés aux valeurs » comme ils le claironnent narcissiquement, s’enthousiasment pour un candidat qui n’entend pas abroger le mariage homosexuel, ni même empêcher l’adoption par les couples homosexuels. J’ai les plus grandes difficultés à comprendre que des « catholiques » encensent un candidat dont le programme économique et social procède d’un mépris et d’une dureté inouïs envers les plus faibles, les plus fragiles, les plus petits. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre vous, c’est à moi que vous l’avez fait »… Un tel consentement à la cruauté me semble dénoter, chez ces « catholiques », une conception pour le moins acrobatique des valeurs catholiques de compassion et de charité  Une étonnante aptitude aux contorsions intellectuelles et morales… et à l’aveuglement volontaire… Tout se passe comme si ces « catholiques », dont l’exigence de vérité semble être à géométrie variable, avaient tout simplement décidé de ne pas lire le programme de Saint Fillon. Comme s’ils refusaient obstinément de juger l’arbre à ses fruits en examinant le glorieux bilan de Fillon ministre de l’Education nationale, puis ses épatants résultats de Premier ministre… pour continuer à se laisser bercer par le mythe du candidat de la vraie droite, catholique et conservatrice, et ainsi voter comme il faut… comme il sied chez les gens biens….chez tous ces bons chrétiens qui se bouchent le nez dès qu’on leur parle du peuple… et crispent la gueule de dégoût dès qu’ils entendent « Marine Le Pen »… Bref, la charité et la tolérance incarnées… et l’amour de la vérité… «  Si l’on me demande quel est le symptôme le plus général de l’anémie spirituelle, je répondrai certainement : l’indifférence à la vérité et au mensonge. » (Bernanos)
Il y a beaucoup de non-dits sur François Fillon. Beaucoup de contrevérités. De désinformations. L’ensemble des médias, les uns pour s’en réjouir, les autres pour s’en affoler, le dépeignent comme un réac, un représentant de la France catholique et conservatrice. Tous mentent. Comme à leur habitude, mais en l’occurrence avec un culot remarquable, ils redoublent d’enfumages, d’intoxications, d’analyses fallacieuses. Car rien, absolument rien de la caricature grotesque qu’ils entendent imprimer dans « l’esprit » des électeurs ne résiste à l’examen du bilan politique de François Fillon, encore moins à celui de son programme présidentiel. Mais personne ne semble vouloir s’y mettre, à cet examen. Etrangement, tout le monde s’arrête devant les écrans de fumée médiatiques, comme tétanisé face aux innombrables couches de propagande, de falsifications, de mensonges éhontés à traverser pour atteindre la vérité. Comme si s’était établie entre « presse de gauche » et « presse de droite » une entente tacite pour donner de Fillon une image que tous les faits démentent. Ce brouillage permanent crée un flou artistique (il serait d’ailleurs temps de mettre à jour nos expressions, et de parler désormais de flou médiatique) qui suscite des erreurs d’analyse, des contresens, voire des énormités, lesquelles culminent dans ces déclarations de Robert Ménard : « François Fillon, c’est la victoire des valeurs. » « François Fillon, c'est une droite conservatrice assumée ; c'est la victoire de nos idées. » Ce qui veut dire, si l’on en croit les sympathies frontistes de Robert Ménard, que la victoire de François Fillon, c’est la victoire des idées de Marine Le Pen.

J’ignorais pourtant que, comme François Fillon, Marine Le Pen était favorable au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. Je croyais au contraire qu’elle était la seule personnalité politique à avoir maintenu, avec une constance indéfectible, sa promesse d’abroger le mariage homosexuel — et l’adoption subséquente. Et j’attends toujours que d’éventuels objecteurs me citent une seule, je dis bien une seule déclaration de Marine Le Pen qui dénoterait un début de flottement sur cette question. Les charabias spongieux, les sophismes entortillés, les transferts d’attaques sur Florian Philippot et les pitreries mystificatrices des imposteurs de Sens commun ne changeront rien à cette réalité : Marine Le Pen est la seule candidate qui se soit engagée de manière claire, ferme et définitive à abroger le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. François Fillon, lui, les maintiendra. Il l’a dit, il l’a répété ; et c’est écrit en toutes lettres dans son programme. Mais il est vrai que « ceux qui ne veulent pas lire, ceux qui ne veulent pas comprendre ce qu’ils lisent, on ne les convaincra jamais. » (Philippe Muray) Pour les autres, ceux qui préfèrent la clarté et la vérité aux enfumages et aux mystifications, les choses sont limpides : avec François Fillon, ce grand défenseur de la famille et des valeurs traditionnelles, non seulement les couples homosexuels pourront se marier, mais ils pourront élever des enfants. Ce qui, de l’avis des plus grands pédopsychiatres (dont Aldo Naouri), est excellent pour l’équilibre psychique de ces derniers. François Fillon, une chance pour l’enfance.

J’ignorais également que, comme François Fillon, Marine Le Pen était « souverainiste européenne » (ce qui est magique, avec les mots, c’est qu’on peut les associer pour créer des signifiants qui ne recouvrent aucune réalité : on peut ainsi écrire, selon son bon principe de plaisir, « carré rond », « islamiste modéré », « nazi sympa » et « souverainiste européen »). Je croyais en effet que Marine Le Pen était simplement, bêtement « souverainiste ». C’est-à-dire, si l’on tient vraiment à ajouter un adjectif, souverainiste française — mais c’est un pléonasme. C’est-à-dire opposée à la confiscation de la souveraineté nationale — l’autre nom de la démocratie — par la lobbycratie bruxelloise. Confiscation opérée en grande partie par le gouvernement Fillon via le scélérat traité de Lisbonne, lequel piétina avec un dédain sans précédent la souveraineté populaire. Je croyais que Marine Le Pen souhaitait reprendre à l’oligarchie européiste les souverainetés que nos « dirigeants » lui ont abandonnées : souverainetés monétaire, territoriale, budgétaire et législative — quand François Fillon, ce docile laquais de l’Union européenne, veut perpétuer l’euro (qui nous protège, ça crève les yeux), le paradisiaque espace Schengen (qui nous protège, ça crève tout court), le traité budgétaire européen, et la primauté des lois euromaniaques sur les lois nationales.

J’ignorais aussi que, comme François Fillon, Marine Le Pen était immigrationniste. Je ne savais pas qu’elle souhaitait rivaliser avec le record historique d’immigration atteint par le gouvernement Fillon : 200 000 immigrés légaux par an, suppression de milliers de postes de douaniers, explosion du budget de l’Aide Médicale d’Etat. Je croyais également que contrairement à François Fillon, Marine Le Pen entendait supprimer le regroupement familial et le droit du sol. Jamais, non plus, et contrairement à François Fillon, ne l’ai-je entendue approuver les centres d’accueil pour les « migrants ». Surtout j’ignorais que, comme François Fillon, Marine Le Pen tenait le retour aux frontières nationales pour un « leurre » et une « démagogie ». Il me semblait que c’était l’exact inverse ; que des événements récents et moins récents (attentats du 13 novembre, de Nice et de Berlin, viols de Cologne, crise des « migrants », libre circulation des esclaves — pardon, des travailleurs détachés — , des prostituées, des armes, des trafiquants de drogue et des islamistes), elle avait tiré la conclusion que c’étaient plutôt les frontières européennes de l’enchanteur espace Schengen qui s’avéraient être un « leurre ». Une utopie. Donc, comme toute utopie, un vecteur de barbarie et de chaos. J’avais cru lire et entendre qu’elle faisait du rétablissement des frontières nationales une ambition majeure, et à vrai dire le socle de son programme présidentiel. Frontières économiques, bien sûr, pour en finir avec l’odieuse concurrence libre et non faussée (qui consiste à exploiter des esclaves pour vendre à des chômeurs) ; mais avant tout frontières migratoires, pour briser la libre circulation des esclaves et des islamistes et surtout, en arrêtant l’immigration massive, mettre un coup de frein à la fragmentation communautariste de la société française.

J’avais cru comprendre, en effet, que contrairement à François Fillon, Marine Le Pen n’était pas communautariste (ce qui en fait d’ailleurs une exception dans l’offre politique française) ; que ce n’était pas elle, mais bien François Fillon qui, en 2010, avait inauguré la grande mosquée d’Argenteuil — une première pour un chef de gouvernement —, tout jovial, en présence d’une petite fille voilée. Que ce n’était pas elle, mais bien François Fillon qui avait fait de l’Union des organisations islamiques de France — émanation des Frères musulmans, classée sur la liste des organisations terroristes par de nombreux pays dont les Emirats arabes unis — l’interlocuteur privilégié de notre République démocratique et laïque. Que ce n’était pas elle, mais bien François Fillon qui avait mis en place des mesures d’exemption fiscale pour attirer, dans notre beau pays des Droits de l’Homme, les investissements du Qatar et de l’Arabie saoudite — deux sympathiques pays démocratiques, tolérants et paritaires, qui financent par ailleurs le non moins sympathique terrorisme islamiste. J’avais cru entendre Marine Le Pen déplorer la fracture communautariste qui morcelle le peuple français et met en péril la paix civile ; j’avais cru l’entendre dénoncer la sécession culturelle, identitaire, civilisationnelle à l’œuvre dans les « territoires perdus » (sécession qui s’est considérablement aggravée lors du quinquennat Fillon, les centaines de Molenbeek et autres poudrières islamistes qui gangrènent la France n’étant pas tombés du ciel il y a un an) ; j’avais cru l’entendre condamner la salafisation des « quartiers sensibles » via des associations alimentées par les fonds qataris et saoudiens, attirés par les mesures incitatives de notre bon Fillon… « Fillon le catholique », donc, comme disent les perroquets des médias…

Enfin, j’avais cru comprendre que Marine Le Pen n’était pas possédée par un prurit de privatisation. Que les deux jambes de son programme ne s’appelaient pas libéralisations et privatisations. Qu’elle prônait, pour résorber le déficit de l’Etat, une approche un peu moins rudimentaire que de désengager celui-ci de certaines de ses missions. Méthode qui, au risque de vexer les dévots de l’Eglise ultralibérale, ne procède pas d’une grande subtilité… ni d’une grande imagination… Amputer plutôt que soigner : voilà la méthode du docteur Fillon. Du boucher Fillon, serait-il donc plus idoine de dire. Derrière ses airs de social-démocrate suédois, modéré à en crever d’ennui, docteur Fillon se révèle être une brute assez sommaire. « Un problème ? On ampute ! » : voilà la philosophie raffinée qui sous-tend les projets du boucher Fillon pour la sécurité sociale. Et pour la sécurité tout court (police, gendarmerie). Ah, il est certain que transférer des prérogatives de l’Etat à des entreprises privées, c’est un moyen de diminuer son déficit ! Qu’en déléguant un problème, on ne l’a plus à sa charge ! Un élève de CM1 y penserait. Mais se raviserait aussitôt en pensant que ce n’est évidemment pas la réponse qu’on attend de lui… Il est certain, également, que ces transferts de compétences raviraient lesdites entreprises privées, qui verraient alors s’ouvrir à elles des marchés colossaux et des perspectives de profit vertigineuses (et il faudrait vraiment avoir l’esprit tordu ou malveillant pour établir un lien entre le projet de François Fillon de privatiser la sécurité sociale, et l’amitié qui le lie à son clone Henri de Castries, ex PDG d’Axa, qu’il souhaite d’ailleurs voir intégrer son gouvernement). Ce qui est moins certain, en revanche, c’est le bénéfice de ces transferts pour le citoyen-consommateur… On pense à la sécurité sociale, bien sûr, et au parcours du combattant qu’il faudrait affronter pour se faire indemniser par les assurances privées ; on pense surtout à la réduction des effectifs de police et de gendarmerie au profit de sociétés de sécurité privées. Ce qui signifie que les plus riches pourraient toujours aligner les thunes pour se protéger du sentiment d’insécurité (comme disent les désinformateurs médiatiques), pendant que les plus modestes en seraient réduits à prier pour ne pas faire de mauvaises rencontres… et à serrer les fesses quand ils auraient pas d’bol, comme dit l’autre ectoplasme…C’est cela, sans doute, l’égalité républicaine

Quoi qu’il en soit, Marine Le Pen est aux antipodes de François Fillon concernant les moyens de réduire le déficit. Car si elle ne méconnaît pas les graves problèmes budgétaires de la France (dont Fillon est d’ailleurs largement responsable), elle n’entend pas pour autant se ranger à la solution de facilité — et de lâcheté — consistant à privatiser certaines de ses prérogatives. D’une part parce qu’il en résulterait de graves injustices, une accentuation des inégalités au sein de la société française ; d’autre part car de tels abandons de missions contreviennent à la conception que Marine Le Pen se fait du rôle de l’Etat. A ses yeux, en effet, ce dernier a avant tout vocation à protéger les plus faibles, et à assumer les fonctions régaliennes dans leur plénitude.
C’est d’ailleurs cette conception de l’Etat qui a traditionnellement prévalu en France, avec un succès jamais démenti ; c’est cette conception de l’Etat contre laquelle s’inscrit le tropisme ultralibéral de Fillon. Cela peut surprendre, de la part de quelqu’un que nos chers observateurs présentent comme attaché aux traditions… comme fidèle à l’esprit français  et comme gaulliste… D’ailleurs, Fillon lui-même se revendique fièrement de l’héritage de Thatcher. Il lui a sans doute échappé, à ce grand patriote, que Thatcher n’était pas française. Et que la crédibilité du modèle thatchérien avait du plomb dans l’aile, depuis que les ravages du libéralisme à outrance se voient comme le nez au milieu du visage… depuis, surtout, le Brexit et l’élection de Trump… Mais peut-être Fillon, ce grand visionnaire, considère-t-il ces événements comme négligeables...
 Ainsi, il est vrai que Marine Le Pen ne fait pas des sacro-saintes privatisations et libéralisations l’alpha et l’omega de sa doctrine de dépense publique. Qu’elle n’envisage pas de privatiser de larges pans de la sécurité sociale, ni de la force publique. Qu’elle ne promet pas, comme François Fillon, de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires (promesse qu’il faudrait vraiment être cruel pour y déceler une trace de démagogie), pour ensuite payer leur chômage… Elle entend au contraire reconstituer les effectifs de police et de gendarmerie décimés par le gouvernement Sarkozy-Fillon au moment précis où, compte tenu des menaces sans précédent qui pesaient sur la population française, il eût fallu les renforcer massivement (il paraît que gouverner, c’est prévoir ; drôle de parti de gouvernement). Elle veut que l’Etat se trouve enfin en mesure d’assurer efficacement ses missions régaliennes de police et de justice. Ce n’est pas du luxe, quand on entrevoit les épreuves qui arrivent… Elle souhaite également embaucher des fonctionnaires dans les hôpitaux. Toute personne s’étant dernièrement rendu aux « urgences » admettra volontiers que, là encore, ce n’est pas du luxe…En revanche, elle compte remettre de l’ordre et de la modération dans les effectifs des collectivités territoriales, lesquels ont explosé à la faveur de la décentralisation, de la régionalisation, et de l’ensemble des redécoupages administratifs de la France façon Frankenstein… Oui, elle compte faire le ménage dans toutes ces féodalités où règnent recasage, copinage, népotisme et favoritisme… où pullulent doublons et emplois fictifs…
Voilà donc un premier gisement d’économies. Pour le reste, Marine Le Pen entend résorber le déficit non pas en désengageant l’Etat de ses prérogatives, mais en licenciant les lobbycrates de Bruxelles (et en se passant de leurs mauvais et déloyaux services) ; en s’évitant les coûts dantesques de l’immigration légale et de l’accueil des « réfugiés » ; en éradiquant la fraude sociale ; en stimulant l’activité économique grâce à une monnaie nationale — donc adaptée à notre économie — et à des mesures protectionnistes (que tous les pays du monde mettent en œuvre, hors Europe) ; et en faisant ainsi baisser le chômage et son coût faramineux, autant direct qu'indirect.
Toutes ces problématiques, François Fillon les esquive soigneusement. Et pour cause : il n’a sur elles aucune prise. Car « son » programme relève d’une capitulation sans condition face aux exigences de l’oligarchie bruxelloise et, plus généralement, des fanatiques du libre échange sans frontières. « Ses » solutions ne sont que des expédients, des pis-aller déployés pour gérer les conséquences désastreuses du modèle économique et social appliqué depuis trente ans — et dont les économistes assermentés et autres escrocs médiatiques voudraient nous faire croire qu’il est de toute éternité. Si notre économie est dévastée, si notre industrie a disparu, si le chômage ne cesse d’augmenter, ce n’est pas en raison des rigidités du Code du Travail ou de je ne sais quel taux d’imposition des entreprises. C’est à cause de la monnaie unique — bien trop forte pour notre économie —, et de notre mise en concurrence libre et non faussée avec des pays quasi-esclavagistes. C’est cela, avant tout, qui explique les délocalisations et le chômage de masse. Et il faut bien comprendre que tant que nous persisterons dans ce modèle, l’anémie économique et le désastre social — et le déficit et la dette qui en résultent — se perpétueront. En effet, nous pouvons toujours sabrer les salaires, démanteler le Code du Travail, nous ne serons jamais aussi bon marché que des Bengalis, des Bulgares ou des Chinois. D’ailleurs, notre champion de la réduction des déficits a déjà eu l’occasion d’appliquer sa brillante doctrine. C’était entre 2007 et 2012. Cinq ans de gouvernement Fillon. Résultat : une explosion de la dette publique de 600 milliards d’euros — un record absolu… Mais le grand gestionnaire Fillon peut compter sur l’amnésie et l’aveuglement volontaire de ses électeurs, ces dupes de toutes les impostures… l’imposture Sarkozy hier, l’imposture Fillon aujourd’hui…

On le voit : sur les questions économiques et budgétaires, c’est une divergence de fond, quasi-philosophique, qui sous-tend l’opposition entre François Fillon et Marine Le Pen. Deux modèles de développement économique, deux conceptions du rôle de l’Etat se font face. Libéralisation, privatisations d’un côté ; protectionnisme, patriotisme économique de l’autre. Que des esprits ineptes ou malveillants caricaturent ces dernières options en économie administrée à la soviétique, ou en je ne sais quelle mélenchonnade, ne peut que faire hausser les épaules de pitié. Car il s’agit en vérité de remettre en œuvre le capitalisme d’Etat déployé avant elle par de Gaulle et Pompidou — et avant eux par Colbert —, avec à chaque fois un certain succès… Il s’agit non pas de se fermer aux échanges internationaux, mais de les réguler. Pour préserver le pays des délocalisations, et protéger les citoyens de la loi de la jungle. Fillon, comme ses clones Macron, Juncker et Hollande, souhaite au contraire les y exposer encore davantage. Ce libéral obtus n’entend aucunement remettre en question le modèle économique abject qui, depuis trente ans, détruit des pans entiers de l’économie française, et plonge des millions de Français dans la détresse. Il n’entend aucunement mettre fin au cauchemar ultralibéral. C’est au contraire une fuite en avant dans les eaux glacées de la mondialisation sauvage qu’il projette. Le plan magique de Fillon pour « recréer de l’emploi » ? Faire passer les Français du chômage à l’esclavage. C’est de toute façon sa seule marge de manœuvre dans le cadre de la monnaie unique et du libre échange sans frontières ; c’est ce qui se passe en Espagne, au Portugal, et dans tous les pays où nos économistes appointés nous annoncent en couinant d’extase que le chômage baisse… en se gardant bien de nous préciser à quelles conditions les gens, brisés par le chômage, acceptent désormais de se faire embaucher…

Souverainistes sociaux contre mondialistes libéraux : voilà le clivage qui structurera l’élection présidentielle de mai prochain. Clivage en germe depuis le virage libéral de Mitterrand (1983), manifesté clairement lors des votes du traité de Maastricht (1992), du traité de Nice (2000) et du Traité constitutionnel européen (2005) et qui enfin, en 2017, remplacera et enterrera définitivement le clivage gauche-droite. Il y a longtemps, d’ailleurs, que le clivage gauche-droite n’a plus de « réalité » que chez les journalistes et les militants politiques — c’est tout dire. Le peuple, que les mêmes médiatiques et politiques prennent pour un ramassis de débiles, a depuis longtemps compris que ce clivage gauche-droite était une couillonnade, une mise en scène grotesque destinée à vendre du papier, et à créer une illusion de débat démocratique pour mieux éluder les vrais sujets ; que la seule vraie fracture est celle qui oppose les défenseurs de la nation, de sa souveraineté, de son identité, à ceux qui consentent à sa dilution dans la « construction » européenne, le multiculturalisme et le marché tout puissant. Ceux qui se battent pour que les nations persistent, à ceux qui approuvent leur disparition sous les effets conjugués de l’immigration massive, du communautarisme, de la crétinisation consumériste et de la technocratie hégémonique. Oui, la seule vraie fracture est entre les souverainistes et les mondialistes : entre les démocrates et les lobbycrates.
C’est parce qu’il a compris cela que le peuple, dans sa majorité, ne se déplace plus aux élections intermédiaires. Il sait que les enjeux critiques n’y sont jamais abordés ; que les leviers décisifs sont dans les mains des technocrates de Bruxelles. Alors il ne vote plus. Refuse de jouer le jeu. Pour montrer qu’il n’est pas dupe de cette parodie de démocratie consistant à glisser un bulletin dans une urne pour ensuite voir appliquer des orientations contraires à celles qu’il a majoritairement réclamées. Comme l’a dit l’ineffable Juncker à l’occasion du vote du traité constitutionnel européen : « Si c’est oui, nous dirons : "On poursuit ". Si c’est non, nous dirons : "On continue" ». Ainsi, et contrairement aux sottises qu’on peut entendre à chaque soirée électorale, l’abstention bénéficie aux partis en place, et nuit au Front national. L’abstention est la réponse qu’ont trouvée ceux qui contestent les choix opérés par nos élites depuis trente ans : si les abstentionnistes reviennent aux urnes, ce sera pour voter Front national. Derrière leurs pitreries télévisuelles, les « partis de gouvernement » (leurs états-majors, en tout cas, pas leurs militants cocus) le savent bien. Ils savent qu’ils sont structurellement minoritaires. Et qu’ils ont donc intérêt à ce que l’abstention se maintienne à un haut niveau.
Quoi qu’il en soit, une fois de plus, le peuple ne s’est pas déplacé pour arbitrer le combat de nains Juppé-Fillon. Il savait bien qu’il n’avait rien à attendre du vainqueur, quel qu’il soit. Que ces deux apparatchiks étaient d’accord sur l’essentiel, à savoir l’abandon des souverainetés nationale et populaire à la lobbycratie bruxelloise, et la perpétuation de son agenda ultralibéral, immigrationniste et communautariste.
La seule élection pour laquelle le peuple se déplace encore significativement est la présidentielle. C’est la seule en laquelle il place encore quelques espoirs. Celle de mai prochain ne fera sans doute pas exception, même si cinq ans de Hollande, précédés de cinq ans de Sarkozy, ont gravement discrédité la fonction présidentielle, et entamé encore un peu plus la confiance résiduelle que le peuple nourrit pour celle-ci. Mais cela sera sans doute compensé par la configuration inédite de cette présidentielle : pour la première fois, en effet, elle opposera deux candidats qui incarnent parfaitement le véritable clivage de Maastricht. D’un côté un candidat immigrationniste, communautariste, sans-frontièriste et libre-échangiste — bref, européiste — ; de l’autre, une candidate souverainiste, protectionniste, opposée à l’immigration massive, au multiculturalisme et à la confiscation de la démocratie par l’oligarchie bruxelloise. Pour la première fois, le peuple pourra choisir une candidate qui porte ses aspirations. « Le peuple ? Quel peuple ? », me demanderez-vous. L’immense masse des perdants de la mondialisation sauvage. Les jeunes, les (ex-)ouvriers, les retraités pauvres, les agriculteurs. Tous ceux qui vivent les conséquences économiques et identitaires du refus des frontières : chômage de masse, précarité, islam agressif. Tous ces gens qui ont disparu des écrans radar des politiques et des médiatiques, et qui représentent 60% de la population française. Dix fois plus que l’élite électorale qui s’est récemment déplacée pour voter Fillon…
On ne se risquera pas pour autant à faire des pronostics. Mais une chose est sûre : si tous les électeurs se déplacent, Marine Le Pen l’emportera. Une autre chose est sûre : tous les électeurs ne se déplaceront pas. L’issue de cette présidentielle dépendra donc de la capacité de Marine Le Pen à balayer les dernières propagandes dont elle est victime, et à mobiliser les abstentionnistes. A susciter chez ces derniers un espoir suffisant pour qu'ils retrouvent le chemin des urnes. Sans cela, le quinquennat qui vient achèvera l’œuvre funeste des précédents. Il sera celui des funérailles de la France. Et de la mort de la civilisation européenne.

14 commentaires:

  1. Vif et curieux mélange se sarcasmes du côté de F Fillon où tout semble à jeter (y compris son électorat) et d'apologie de l'autre (M. Lepen).

    Je suis certain que beaucoup de ceux qui vous lisent ici avec intérêt sont allés voter aux primaires de la droite. Or vous commencez, n'ayons pas peur des mots, par les ridiculiser, voire les insulter. Ce faisant vous vous éloignez de votre but premier qui est je crois de les inciter à voter MLP. Car comment suivre ou poursuivre le discours de celui qui insulte, nous prend de haut, et nous donne une leçon autoritaire sans appel ?
    On peut ne pas croire à FFillon et au parti qu'il représente, mais il me semble, que vous gagneriez en 'efficacité' en évitant cette espèce de brutalité.
    Par ailleurs, il n'est pas certain que ce soit dans cette gamme que votre style s'exprime le mieux ou soit le plus brillant et incisif.
    Pour ces sujets sérieux, manier l'ironie, l'humour...
    Un extraordinaire exemple sont "Les Provinciales de Pascal" dont la lecture de quelques lettres peut éclairer ou réorienter son jugement sur le meilleur du choix des armes.

    RépondreSupprimer
  2. Vif et curieux mélange de sarcasmes du côté de F Fillon où tout semble à jeter (y compris son électorat) et d'apologie de l'autre (M. Lepen).

    Je suis certain que beaucoup de ceux qui vous lisent ici avec intérêt sont allés voter aux primaires de la droite. Or vous commencez, n'ayons pas peur des mots, par les ridiculiser, voire les insulter. Ce faisant vous vous éloignez de votre but premier qui est je crois de les inciter à voter MLP. Car comment suivre ou poursuivre le discours de celui qui insulte, nous prend de haut, et nous donne une leçon autoritaire sans appel ?
    On peut ne pas croire à FFillon et au parti qu'il représente, mais il me semble, que vous gagneriez en 'efficacité' en évitant cette espèce de brutalité.
    Par ailleurs, il n'est pas certain que ce soit dans cette gamme que votre style s'exprime le mieux ou soit le plus brillant et incisif.
    Pour ces sujets sérieux, manier l'ironie, l'humour...
    Un extraordinaire exemple sont "Les Provinciales de Pascal" dont la lecture de quelques lettres peut éclairer ou réorienter son jugement sur le meilleur du choix des armes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous vous méprenez sur mes finalités : mon but n'est pas d'inciter qui que ce soit à voter quoi que ce soit (ce qui serait parfaitement grotesque et, en l’occurrence, d'une prétention ridicule, compte-tenu de la notoriété de ce blog), mais de « dater ma colère », comme disait Baudelaire. Et de donner une forme satisfaisante aux pensées qui peuplent mon crâne.

      Je conçois que cette forme, qui me satisfait, vous déplaise ; j'en suis sincèrement navré, car vous m’êtes sympathique, et d’une grande courtoisie (que je suis très malhabile à vous rendre, et je m’en excuse). Mais, voyez-vous, je suis de l’avis de Ciceron, pour qui « la retenue et la modération ne sont pas de mise dans une cause excellente. » Or il s’agit ici d’une cause particulièrement excellente, puisqu’il s’agit de la France. De son avenir. Et du mien, accessoirement. Et du vôtre, également.

       J'ai donc quelques bonnes raisons d'éprouver une authentique colère envers ces électeurs qui, ne prenant décidément jamais de recul, élisent depuis trente ans le même président. Tous ces gogos qui portent invariablement au pouvoir des clones idéologiques (à quelques nuances près ; je vous mets au défi de jouer aux sept différences avec, par exemple, Fillon et Macron), et ne comprennent toujours pas pourquoi le désastre s’épaissit mandat après mandat…

      Oui, j’ai d’excellentes raisons d’être remonté contre ces moutons qui, de nouveau, s’apprêtent à plébisciter un homme qui a déjà largement contribué au saccage de la France, et entend continuer à appliquer les grandes idées qui nous ont conduits au cauchemar (« construction » européenne au profit d’une petite lobbycratie, ultralibéralisme bête et méchant, refus dogmatique des frontières et du protectionnisme, immigration massive, multiculturalisme). J’enrage, car je suis dans le même bateau que ces masochistes qui s’obstinent à confier la barre à des capitaines qui nous conduisent à l’abîme.

       Alors vous me trouvez peut-être insolent. Irrespectueux. Blessant. Mais eux assassinent la France. Et réservent un avenir abominable à nos enfants. Vous me pardonnerez donc de leur en vouloir. Et de leur mettre une bonne fessée. Je trouve même qu’ils s’en tirent à bon compte, pour le mal qu’ils font. Et rassurez-vous : cela ne les empêchera pas de dormir. Mes obscurs gratouillages n’ont en effet aucune chance de les toucher, encore moins de les guérir de leur naïveté littéralement criminelle…

      Supprimer
    2. Merci pour votre réponse.
      Dans le fond, je suis d'accord avec vous...

      Supprimer
    3. Il ne faut que regarder les résultats pour être convaincu de la valeur de ceux qui en sont responsables.

      Supprimer
  3. Fillon est mort politiquement cette semaine,il reste l'autre imposture nommée Macron,hélas,!
    Pour ma part je ne me sent pas insulté par ce billet (@Jacques Jean), j'ai voté au premier tour des primaires après moult hésitations surtout vis à vis de la charte à signer qui me gênait beaucoup moralement n'étant pas UMP,finalementj'ai voté JF Poisson,le seul à abroger le mariage pour tous et pour cette unique raison:un catholique cohérent en conscience,puis me suis abstenu au second tour,pour les présidentielles je vote Marine sans hésiter ni rougir bien au contraire:elle est la plus gaulliste de tous.
    Votre papier me rappelle la guerre 1940-45:avec si peu de résistants environ 2% de la population mais présents dès 1940:des gens de milieux modestes souvent communistes ainsi que d'autres mais très rarement des bourgeois parce que peut être dejà les rentiers de l'époque?
    Résistants par patriotisme pure, pour l’intérêt général,des notions devenues archaïques.Les intérêts de castes et non l’intérêt général se perpétuent à travers Fillon et Macron,le bourgeois aime bien le pognon d'abord et c'est bien connu il n'a pas d'odeur,le peuple à tort de laissé faire.

    RépondreSupprimer
  4. Entièrement d'accord avec ce texte et nous nous renions pour de l'argent.
    Je voterai également pour Mme Le Pen sans aucune honte car je fais un choix de civilisation et non de fric. Ne crachons pas dans la soupe, moi aussi j'aime pouvoir faire ce que je veux mais ce matin encore en allant au marché dans une agglomération lyonnaise me retrouvant parmi les 10 % de personnes blanches s'exprimant en français, entourée de ces personnes qui glapissent, vêtus de torchons et me bousculant sans même un excusez-moi me rends hystérique.Ce n'est pas la France!!!.
    Demain si rien ne change il y aura un minaret sur Notre dame de Paris.

    RépondreSupprimer
  5. Un doute m'assaille : et si toute cette 'affaire Fillon' n'était qu'une vaste opération de communication psychologique ? Le deuxième étage désormais inutile, le premier s'étant abîmé quelque part au-dessus des primaires de la Droite, d'une fusée censée mettre en orbite le satellite Macron ? Et au passage emporter avec lui dans l'espace inter-sidéral, par mimétisme de base, notamment en termes d'emplois fictifs et de mises en examen, le seul vecteur capable de nous arracher à nos pesanteurs par trop terrestres (Mme le Pen) ? Et si Fillon, au-dela de sa posture victimaire, était en fait complice d'une gigantesque mystification visant à nous imposer 5 nouvelles années d'ultra-libéralisme par escamotage du débat démocratique au profit de cette mauvaise série de TV-réalité que l'on nous sert quotidiennement dans l'intégralité des médias depuis bientôt 3 mois ? Et si ... Paris est bel et bien embouteillée (merci Anne !)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bien vu. Je ne l'aurais pas dit comme ça mais je partage votre réflexion. Fillon est évidemment le complice objectif de Macron, dans ce combat de clones.

      Supprimer
  6. Je ne sais trop comment vous dire cela sans passer à côté de ce que je voudrais vous faire comprendre, je ne sais pas si vous êtes croyant ou pas. Il se trouve que moi je le suis. Globalement, vous avez une bonne vision de l'état de la société française d'aujourd'hui mais il y a des choses que vous ne voyez pas. Concernant l'église catholique, dans laquelle je suis né, je vous affirme avec la plus grande fermeté qu'il ne faut pas la considérer comme exemple à suivre pour comprendre le Dieu qui est le nôtre, de la foi que Celui-ci attend que nous ayons, du comportement que nous avons à adopter. L'église catholique est pervertie depuis 1500 ans au minimum et ne fait que s'enfoncer depuis. Malheureusement, je peux également dire la même chose de toutes les branches du Christianisme officiel d'aujourd'hui, savez vous que l'église protestante a en son sein des pasteurs qui se disent ouvertement athées ? Si vous regardez l'église catholique et les autres, et ceux qui s'en réclament pour juger de la réalité de ce que doit être la foi vous aller passer complètement à coté. Je dis de moi que je suis Chrétien fondamentaliste pour ne pas être mis au rang de quelque église ou secte chrétienne que ce soit.
    Concernant la suite des événements, votre position actuelle ne peut pas vous donner une idée claire de ce qui va arriver, vous pensez qu'il y a un moyen de redresser la barre du paquebot France mais ce n'est pas le cas, ce n'est d'ailleurs pas le cas pour la totalité des Nations de ce monde, nous sommes dans le temps de la fin des nations, ce qui vient correspond en réalité à la fin de la civilisation telle que vous l'avez connu.
    Je ne vois pas l'intérêt d'en dire plus ici, surtout si vous n'êtes pas en bonne condition psychologique pour l'entendre. Je vous invite à parcourir ce site dont je ne suis absolument pas le responsable mais dont j'approuve une grande partie de la littérature, vous risquez d'être un peu surpris si vous n'êtes pas habitué à ce genre de « révélations », mais si vous fouillez un peu, si vous cherchez à comprendre dans quel « temps » biblique vous vous trouvez, si vous faites la démarche de vouloir être instruit, avant tout par ce que nous appelons « l'Esprit », peut être avez vous une chance. Parcourez ce site : http://chretiens2000.over-blog.com/ Lisez la Bible vous même en demandant l'aide de l 'Esprit de Dieu pour la comprendre et peut être verrez vous, peut être comprendrez vous où nous en sommes exactement.

    RépondreSupprimer
  7. Je suis celui qui a écrit le dernier message ci-dessus. Je vous recontacte pour vous prévenir de vous méfier du lien que j'ai indiqué dans ce message, j'ai vu et lu des choses qui ne me plaisent guère sur ce site ces derniers temps aussi prenez tout ce que vous y trouverez avec circonspection. Dans les temps qui sont les nôtres, si vous voulez réellement comprendre la Parole de Dieu et ce qu'Il attend réellement de nous, vous n'avez en réalité plus d'autre choix que de lire la Bible vous même en demandant à vous faire aider par l'Esprit Saint, il n'y a aucune autre méthode envisageable aujourd'hui je le crains. Si vous avez des questions, il suffira de répondre à ce message pour me les communiquer, je viendrai voir régulièrement si c'est le cas.

    RépondreSupprimer
  8. Nicolas, votre tirade sur ceux qui ont voté à la primaire de droite est très dure ; j'ai la trentaine et je suis au chômage depuis plusieurs années, je suis donc très loin des retraités bourgeois aisés que vous fustigez, et pourtant j'ai voté à cette primaire.
    Parce que j'y ai cru, sincèrement.
    Suis-je donc une idiote utile, et suis-je donc francophobe?
    Moi qui n'en peux plus de voir les valeurs, l'histoire et la culture de mon pays bafouées, les étrangers pas le moins du monde assimilés plus nombreux que les Français de souche dans les rues, nos responsables se déculotter devant l'Islam?
    J'ai pu être abusée, ne pas prendre la pleine mesure de ce qu'il convenait de faire pour y remédier, mais je ne crois pas être idiote, et certainement pas francophobe.
    Et il va sans dire qu'au second tour le 7 mai, je voterai sans la moindre hésitation pour Marine Le Pen.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Chère Camille,
      Je sais bien que les millions d'électeurs de Fillon ne sont pas conformes au portrait que j'en fais. Seulement,j'ai choisi de dépeindre le profil dominant (avec un style délibérément féroce); manifestement vous n'en faites pas partie!
      Bien cordialement,

      Supprimer
    2. PS : Je me permets également de vous renvoyer à ma réponse en date du 13 janvier.

      Supprimer