vendredi 10 février 2017

L'imposture




« La Révolution française n’a pas appelé au pouvoir le peuple français,
mais cette classe artificielle qu’est la bourgeoisie.Cette classe qui s’est de plus en plus abâtardie, jusqu’à devenir traîtresse à son propre pays. »
Charles de Gaulle
 
Est-il coupable ? Innocent ? Nous y verrons plus clair, une fois l’incandescence des passions militantes retombée. On sait seulement que François Fillon tarde à produire les preuves de l’activité parlementaire frénétique de sa femme. Comme il tarde à démontrer que cette charge de travail harassante justifie une rétribution de 7 900 euros par mois. Par le contribuable. Comme il tarde à dissiper les suspicions de causalité entre le versement de 100 000 euros à sa femme pour deux notes de lecture (soit un feuillet A4), et l’obtention de la Légion d’honneur par le généreux commanditaire desdites notes. Comme il tarde à porter plainte contre Le Canard enchaîné pour « l’odieuse campagne de diffamation » dont il est victime. On se demande vraiment pourquoi…
Mais attention : pas de conclusion hâtive. Car tout cela ne prouve rien, n’est-ce pas ? Présomption d’innocence, pas vrai ? D’ailleurs, même Sherlock Holmes resterait perplexe, devant un cas si complexe. Oui, sa perspicacité s’avérerait impuissante à résoudre l’énigme que constitue la défense pour le moins évasive du candidat de la vérité et de la transparence.

Dans ces affaires d’emplois fictifs présumés, la culpabilité du candidat de l’honnêteté et de la droiture restera donc un épais mystère. Il est, en revanche, un emploi fictif que François Fillon a occupé de manière certaine, et ce pendant cinq ans : celui de Premier ministre.

Qu’y a-t-il, en effet, de plus fictif que l’emploi de Premier ministre, depuis que nos « représentants » ont transformé la France en une province de l’Empire européiste ? Qu’y a-t-il de plus fictif depuis que Fillon et ses petits potes du Parlement ont, par le traité de Lisbonne, achevé de transférer nos dernières souverainetés aux dictateurs euromaniaques ? Oui, qu’y a-t-il de plus fictif que l’emploi de Premier ministre depuis que nos « dirigeants » sont devenus de dociles toutous de la lobbycratie bruxelloise ?

C’est là, en vérité, que réside la culpabilité de Fillon. Et, plus généralement, dans son bilan désastreux quand il était au « pouvoir » — c’est-à-dire un servile exécutant des injonctions de l’oligarchie bruxelloise. 200 000 immigrés par an. 600 milliards d’euros de dette supplémentaire. Fillon, donc, l’homme de la droite dure… et le talentueux gestionnaire…
C’est, enfin, son programme qui accable Fillon. Les incohérences qu’il contient ; la duplicité qu’il révèle. Fillon le conservateur, le défenseur des valeurs traditionnelles, qui entend maintenir la mariage et l’adoption simple pour les homosexuels (ce qui est excellent pour les enfants, et pour la défense de la famille traditionnelle). Fillon le catholique, qui propose un programme économique et social d’une dureté inouïe envers les plus fragiles. Fillon le gaulliste, qui pense que « c’est un leurre et une démagogie sans nom que de prétendre rétablir les frontières nationales. ». Fillon le candidat de la lucidité, dont le porte-parole Benoît Disparu estime que « le lien entre politique migratoire et attentats n’a jamais été établi. » Fillon qui fustige l’assistanat, mais semble avoir un faible pour l’assistanat fictif…

Ces incohérences, qui confinent à l’imposture, culminent dans le cadeau qu’a fait Fillon à la bobo lugubre NKM de sa propre circonscription. NKM, l’antithèse absolue de Fillon (seulement sur le papier, et dans « l’esprit » des cocus de compétition qui, non contents de s’être fait truffer par Sarkozy, envisagent de remettre ça avec Fillon). Cette tromperie de son électorat, quelques semaines après sa victoire à la primaire, confirme le double discours de François Fillon, et sa connivence avec les élites immigrationnistes, communautaristes, ultra-libérales et ultra-libertaires — bref, mondialistes. Cette trahison en annonçait bien d’autres, sur le modèle indépassable de Sarkozy. Les défenseurs fanatiques de Fillon devraient donc remercier la personne qui a fait fuiter ces « affaires » : elle leur a épargné cinq nouvelles années d’avalages de chapeaux, de reniements et de trahisons. Car il n’y a plus qu’une promesse que Fillon aura l’occasion de trahir : ce défenseur de la retraite à 65 ans est bien parti pour expérimenter la retraite à 62 ans.